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Le glas aurait sonné pour corrompus et corrupteurs burundais: un juge de Bubanza mis aux arrêts



Hier encore cacique d’un régime gangréné par la corruption, le nouveau Président burundais, Evariste Ndayishimiye veut faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille.


Sa ministre de la Justice ne tarit pas de menaces en vers les juges et autres magistrats corrompus. Elle a promis des sanctions exemplaires à ceux qui seraient pris dans la nasse, quelque soit leurs «parrains».


Aussitôt dit, aussitôt fait : Janvier Girukwishaka, Substitut du Procureur de la République en province de Bubanza, est détenu depuis mardi pour «corruption». Il est accusé d’avoir empoché 400.000 Fbu pour gruger une partie au procès.


Il aurait été volontairement piégé pour illustrer cette détermination des nouvelles autorités à dépoussiérer l’appareil judiciaire foncièrement corrompu.


Selon des sources concordantes, Janvier Girukwishaka a mordu à l’happât savamment tendu par des gens auxquels il a exigé cette somme pour les aider à « gagner sans avoir raison ».


Ces derniers ont en effet saisi le gouverneur de province et le procureur en leur disant qu’il leur a exigé 400 mille francs burundais mais qu’ils lui avaient déjà versé seulement 280 FBU à leur disposition.


C’est alors que le Secrétaire provincial du parti CNDD-FDD leur a prêté le reste pour s’acquitter de la dette. L’infortuné a été arrêté au moment où il venait récupérer le reste. Il a alors été pris, la main dans le sac. Jouissant de privilège de juridiction, Janvier Girukwishaka comparaîtra au parquet général près la cours anti-corruption, selon son avocat.


La chasse aux brebis galeuses, est tous azimuts : la semaine dernière, la police a arrêté 12 personnes, dont des administrateurs locaux, pour avoir dépouillé les réfugiés rentrant de la Tanzanie.


Les arrestations ont eu lieu dans la province de Makamba au sud du pays, deux jours après que le ministre de la sécurité, Gervais Ndirakobuca, ait mis en garde la police et les responsables de l'administration contre les pots-de-vin et autres pratiques de corruption.


Le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, a déclaré que parmi les 12 personnes arrêtées figuraient trois fonctionnaires de l'administration.

D’aucuns estiment que les gros poissons restent sereins.