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Le triple scrutin du 20 mai s’est déroulé «dans un climat extrêmement répressif»(HRW)


Elements de la police nationale burundaise (PNB)

Organisées le 20 mai dernier sans observateurs indépendants ni défenseurs des droits humains, les élections présidentielle, législatives et communales se sont déroulées «dans un climat extrêmement répressif», s’est indigné, lundi soir, l’ONG Human Rights Watch (HRW).


«Les élections se sont déroulées dans un climat extrêmement répressif, sans observateurs internationaux indépendants, les informations faisant état de meurtres, d’arrestations arbitraires, de passages à tabac et d’actes visant à intimider les électeurs lors de la campagne ne devraient pas être ignorées», a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch.


En violentant les électeurs non acquis à la cause du régime, le pouvoir a foulé aux pieds des pans entiers du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.


En effet, l’article 25 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP)que le Burundi a ratifié, stipule que «Tout citoyen a le droit et la possibilité … de voter et d’être élu, au cours d’élections périodiques, honnêtes, au suffrage universel et égal et au scrutin secret, assurant l’expression libre de la volonté des électeurs», a ajouté Lewis Mudge.


HRW appelle les autorités burundaises à mettre fin à la répression qui se poursuit au lendemain du triple scrutin.


«Répondre aux allégations de graves violations des droits humains et de fraude électorale par davantage de répression risquerait d’enflammer une situation déjà tendue et pourrait avoir des répercussions désastreuses », a-t-il ajouté.


«Le gouvernement, ses partenaires internationaux et les acteurs régionaux devraient se souvenir que les élections sont l’expression du droit des électeurs – pas des individus au pouvoir – de choisir eux-mêmes leurs dirigeants».


Pour rappel, la commission électorale nationale a annoncé des résultats provisoires le 25 mai, donnant Evariste Ndayishimiye, le candidat à la présidentielle du parti au pouvoir, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), une large victoire avec 68,72% des voix.


Le 28 mai, le président de la commission a déclaré que des résultats sous forme de « draft » qui n’avaient pas été « officiellement publiés » devaient être retirés. Le 30 mai, elle a déclaré Évariste Ndayishimiye vainqueur de la présidentielle, bien que la Cour constitutionnelle doit encore valider les résultats. Le principal opposant, Agathon Rwasa, leader du CNL, a fait recours à la Cour constitutionnelle, des tas de preuves de fraude à l’appui.