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Les autorités burundaises ont drainé plus de 100 millions de dollars d'aide vers les paradis fiscaux

Avec au moins 103 millions de dollars grevés sur l’aide au développement, il y a lieu d’affirmer que les autorités burundaises n’y vont avec le dos de la cuillère. Un récent rapport de la Banque Mondiale fait en effet des révélations à la fois fracassantes et accablantes pour Gitega.

Selon ce document hautement embarrassant, une partie d’aide au développement accordée au Burundi finit dans des paradis fiscaux. L’étude se focalise sur 22 pays les plus pauvres. Dix-neuf de ces derniers se situent en Afrique, avec des dépôts annuels représentant dans certains Etats des sommes très importantes. Le Burundi est classé dans les cinq premiers pays avec 103 millions de dollars.

«En moyenne, 5% des aides de la Banque mondiale octroyés aux pays pauvres partiraient vers des paradis fiscaux. Cette fuite atteindrait même 15% pour sept pays les plus dépendants des aides de cette institution dont le Burundi ».

L’analyse porte aussi sur d’autres pays mais son titre colle curieusement à l’atypique cas burundais. « La mainmise des élites sur l’aide étrangère. Preuve de comptes bancaires offshore ».

Reste que cette étude ne retient que les transferts vers des comptes logés dans les paradis fiscaux, sans intégrer les possibles dépenses en immobilier ou en biens de luxe. A y regarder de près, le flux des dépôts bancaires dans les paradis fiscaux est allé de pair avec le rythme de décaissement de l’aide au développement.

« Les trimestres où l’institution de Brettons Woods débloquait des fonds, il y a systématiquement une importante augmentation des dépôts d’argent de ressortissants burundais dans des paradis fiscaux.

Les élites dissimulaient l’argent volé dans les centres financiers appelés l’offshore ou paradis fiscaux connus pour leur opacité et leur gestion privée de fortune. Ils citent notamment la Suisse, le Luxembourg, les îles Caïmans, les Bahamas et Hong Kong et Singapour.

Contacté par les médias locaux pour réagir sur ces révélations, le porte-parole du Gouvernement burundais, Prosper Ntahorwamiye a été aussi évasif que catégorique : « Le gouvernement ne réagit pas par commande. Il réagit par programme».