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Rwanda: Un passeport biométrique pour Réfugiés Burundais

Le passeport biométrique livré aux réfugiés burundais est une clé qui n'ouvre pas toutes les portes dans les pays de l'EAC.


La ministre de Midimar, Jeanne d'Arc De Bonheur (à gauche) remet un passeport à une réfugiée. (Photo KT Press)


Depuis le 10 octobre dernier, les services de l'immigration Rwandaises octroient des Passports Biométriques pour réfugiés. Les demandeurs de ce document de voyage sont essentiellement des burundais, même si tous les réfugiés qui vivent au Rwanda sont éligibles à ce document, selon ces services de l'immigration.


Celui qui le désire se présente à l'immigration, muni d'un formulaire de demande bien rempli, de l'attestation de résidence délivrée par le chef de secteur ou le président du camps de réfugiés, d'une copie de la carte d'identité pour réfugiés ou de l'attestation de réfugiés, d'une photo passport et d'un reçu de payement de 10.000 Frwa.

Pour les enfants de moins de 16 ans, en plus de ces documents, ils doivent se présenter avec leurs parents ayant le statut de réfugié valide.


Six mois après que cette initiative ait lancée, ceux qui ont été déjà servis, jubilent. Ils témoignent que ce document est comme une clé de seconde vie.

Ines I., une burundaise de 25 ans n'en revient pas. " Moi je suis femme commerçante. Dans mon business, je m'approvisionne en Ouganda, en Tanzanie, au Kenya et même à Dubai pourquoi pas. Donc, ce Passport m'aide beaucoup dans mon travail".

Ines, comme d'ailleurs ses compatriotes, affirment qu'avant l'octroi de ce document, leur vie était presque fermée autour des frontières du pays d'accueil, le Rwanda.

D'autres encore indiquent qu'ils avaient déjà raté des opportunités de travail car n'ayant pas ce document de voyage.


Franc K., est un journaliste burundais réfugiés à Kigali. Il affirme qu'il a eu un travail payant dans plus de 3 pays de l'Afrique de l'Ouest. Malheureusement, il ne s'y est pas rendu faute de document de voyage valable.

"Comment vouliez vous que je m'y rende alors que mon Passport burundais s'est déjà expiré. J'ai été obligé de décliner le contrat alors qu'il était mieux offrant. C'est dommage pour moi", dit-il.


Ce problème n'était pas à lui seul. Il était commun à d'autres activistes de la société civile, des médias, ingénieurs, enseignants ou professeurs d'universités et bien autres intellectuels burundais réfugiés à kigali.

Pour le moment, ils poussent un soupir de soulagement. "C'est en tout cas, une clé pour beaucoup de portes devant nous" laissent-ils entendre.


Le HCR, l'Agence Onusiènne en charge des réfugiés, se dit aussi soulagée. Il souligne que les réfugiés rencontraient déjà plusieurs obstacles surtout ceux qui voulaient aller se faire soigner, étudier ou faire du commerce à l'étranger. Car, dit le HCR, il n'y avait pas de document biométrique réservé aux réfugiés. Le HCR se dit satisfait que ce problème est pour le moment résolu.


La ministre Rwandaise, alors en charge des questions des réfugiés au moment du lancement de ce document, a souligné que ce nouveau Passport Biométrique pour réfugiés est très important dans la vie.

"Ce document est octroyé dans le cadre du développement de tout Rwandais et citoyen vivant au Rwanda. Ce Passport vous aidera donc à élargir votre champs au lieu de rester coincé dans le seul pays d'accueil, à faire du commerce transfrontalier, pour aller rendre visite à vos connaissances et familles qui vous sont séparées. Donc, il a un grand avantage surtout dans le plein épanouissement de votre vie" a indiqué madame Jeanne d'Arc de Bonheur-elle.


Une clé qui n'ouvre pas toutes les portes


Selon l'immigration Rwandaise et le HCR, "ce document donne l'accès dans tous les pays du monde sauf celui dont les réfugiés ont fuit".

Cependant, il y a des pays de la sous-région qui n'accueillent pas facilement les détenteurs de ce document. C'est entre autre le Kenya et la Tanzanie. Un visa de 50$ est exigé par ces pays, soit plus de 40.000 Frwa.


Néanmoins, ces pays sont membres de la Communauté de l'Afrique de l'Est, un bloc auquel fait partie aussi le Rwanda qui donne ces documents de voyage. Le traité établissant cette Communauté garantit " la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes à tout ressortissant de l'EAC".

C'est là que les réfugiés surtout burundais détenteurs de ce Passport Biométrique fondent leur demande à tous les pays de l'EAC et du monde entier pour les laisser jouir de leur droit de circuler librement.


Patrice Ntadohoka, le président de la communauté des réfugiés urbains, tout en saluant cette initiative d'octroi des documents de voyages biométriques, demande aux autorités Rwandaises de plaider pour que les détenteurs de ce Passport ne rencontrent pas encore de problèmes, surtout dans les pays de l'EAC.


Les services de l'immigration ont rassuré que le stock est suffisant. Plus de 20.000 pièces est disponible dans un premier temps et si nécessaire, d'autres pièces seront commandées, indiquent ces services.

Le Rwanda est le premier pays dans l'EAC, si non au niveau de l'Afrique, à octroyer ces Passports biométriques détectables dans les Aéroports internationaux et sur les frontières.


Ce pays héberge plus de 172.000 réfugiés dont plus de 70.000 Burundais qui ont fuit la crise politique qui secoue leur pays depuis 2015.