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Opérations de maintien de la paix : L’ONU devait se séparer des militaires burundais

La campagne Code bleu du monde sans sida estime que tous les militaires burundais impliqués dans des opérations onusiennes de maintien de la paix devraient être débarqués sans délais en raison d’horribles crimes dont ils sont comptables.

« Les forces armées du gouvernement du Burundi ont été accusées de manière crédible de viol en tant que crime contre l'humanité par la Commission d'enquête des Nations Unies sur le Burundi (COI) et un panel de trois juges de la Cour pénale internationale (CPI). Le COI et la CPI poursuivent leurs enquêtes ».

Des soldats burundais en mission de paix de l’ONU en République centrafricaine (MINUSCA) sont en effet épinglés pour viols.

Suite aux crimes imputés à ses militaires, le gouvernement du Burundi est pleinement responsable en vertu de l'accord qui le lie à l’ONU dans le cadre de ces missions de maintien de la paix. Mais aucun de ces soldats n'a jamais fait l'objet de sanctions pénales.

Depuis 2015, l'ONU a déterminé que les informations faisant état de viols ou d'agressions sexuelles déposées contre 43 soldats de la paix militaires du Burundi avaient atteint le seuil de crédibilité pour figurer dans la base de données de l'organisation. Les victimes présumées de ces 43 soldats sont 49 enfants, 27 adultes et cinq personnes d'âge inconnu.

Selon l'analyse de Code Blue, un nombre beaucoup plus élevé de victimes de soldats de la paix burundais ne signalent jamais ces incidents à l'ONU. C’est ainsi que le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, devait agir rapidement pour retirer les troupes burundaises de la République centrafricaine conformément à la résolution 2272 (2016) du Conseil de sécurité, qui approuve le rapatriement d'une unité de maintien de la paix lorsque «il existe des preuves crédibles d'exploitation et d'abus généralisés ou systémiques. »

Insensibles à tout ce qui a trait aux droits humains, au niveau local comme à l’international, les autorités burundaises n’ont d’yeux que pour les dollars générés par ces missions onusiennes de maintien de la paix.

Car en échange du déploiement de son personnel, l'ONU verse au gouvernement du Burundi plus de 13 millions de dollars à partir des fonds prélevés sur les cotisations obligatoires pour les opérations de maintien de la paix versées à l'ONU par les États membres.

Au 31 décembre 2019, 753 personnel militaire dont huit officiers d'état-major et deux experts en mission du Burundi étaient en service à la MINUSCA.