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Pénurie de devises au Burundi: La Banque centrale retire l’agrément à tous les bureaux de change

La Banque centrale du Burundi, BRB, a retiré l’agrément à tous les bureaux de change «suite au non respect généralisé» de la réglementation en vigueur en matière de vente et d’achat de devises, a-t-on appris d’un communiqué de la Banque, publié vendredi. «Suite au non respect généralisé du contenu de notre circulaire relative à la marge à appliquer par les bureaux de change dans leurs opérations et aux conséquences néfastes que cela cause à l’économie nationale, l’agrément qui avait été donné aux bureaux de change leur est retiré », a déclaré Jean Ciza, Gouverneur de la BRB. Cette mesure prend effet à partir du 15 février 2020. Du coup, les propriétaires de ces bureaux de change sont sommés «d’enlever immédiatement les pancartes dont les écriteaux portent le nom de bureaux de change», précise la Banque centrale du Burundi. Les propriétaires de bureaux de change préfèrent les fermer plutôt que vendre ou acheter des devises aux taux fixés chaque jour par la Banque centrale. «C’est la rareté de devises qui les rend chères par rapport au franc burundais, nous sommes incapables de continuer à travailler en appliquant le taux officiel de la BRB, ce serait travailler à perte», a déclaré à Anadolu Léonidas Niyonzima qui tient un bureau à Bujumbura. «Cette décision va favoriser le marché noir des devises», a-t-il ajouté. En septembre dernier, la Banque centrale du Burundi avait fixé une nouvelle réglementation de change pour «adapter la Réglementation des changes aux réalités du moment». Parmi les nouvelles réformes figurent, notamment, « l’application strict du taux officiel fixé par la BRB ». Les propriétaires de bureaux de change ont du mal à suivre les instructions de la banque centrale en matière d’achat et de vente de devises. Le 8 février 2020, l’euro s’achète officiellement à 2090 Francs burundais (Fbu) et à 3100 Fbu au noir. En septembre 2019, la police a arrêté au moins 23 changeurs de monnaies pour violation de la loi. Délaissé depuis cinq ans par ses principaux partenaires financiers, notamment l’UE, la Belgique, les Etats-Unis, le Burundi fait face à une situation économique très difficile. Les réserves de change sont très faibles et restreignent considérablement les importations, même pour les produits que le gouvernement considère comme prioritaires tels que le carburant et les médicaments. En conséquence, le franc burundais se déprécie à vue d’œil d’année en année.