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Pour dissimuler son penchant antitutsi et en mal de popularité, CNDD-FDD tend la main à feu UPRONA



C’est au comique des situations que l’on assiste aujourd’hui au Burundi. Après s’être attelé à la déconstruction du parti UPRONA, le parti au pouvoir (CNDD-FDD), tétanisé par la montée spectaculaire du parti CNL se cherche un point d’appui dans la zone «UPRONA», par le biais de la crasse de prétendu upronistes.


Le Juda de l’UPRONA est donc un certain Isidore Mbayahaga, un pasteur tutsi travaillant pour l'Eglise de Denise Nkurunziza, épouse de Pierre Nkurunziza. Le CNDD-FDD lui a donné pour mission de rassembler des imbonerakure et de les faire passer pour des Upronistes (membres du parti UPRONA) dévoués à la cause du parti de l'aigle. Arborant des casquettes de l’UPRONA, cette équipe bat campagne, toute honte bue, aux côtés du CNDD-FDD.



Abandonné par les anciens grands hommes d'états à leurs chauffeurs, plantons, chefs de protocole, etc., l’UPRONA est ainsi tombé bien, tant et si bien qu’il est difficile d’imaginer comment il va se relever.


Mais le CNDD-FDD veut se faire requinquer par sa dépouille au lieu de convaincre autrement afin de damer le pion à Agathon Rwasa comme il en a envie.


Au contraire. Il semble que Rwasa a toujours stratégiquement deux longueurs d'avance sur ses rivaux et qu'il a savamment su exploiter les faiblesses du parti au pouvoir pour se transformer et se positionner comme une alternative plus crédible et viable qui inspire l'unité, la confiance et l'espoir d'un nouveau Burundi.



En ce temps de campagne, Agathon Rwasa cartonne sur terrain. C’est aussi cela qui fait que le CNDD-FDD se souvienne de l'existence d'un électorat tutsi, qui disons-le, ne pèse pas lourd dans un pays dont l'écrasante majorité de la population est hutue.


Le parti CNL réussit, contre toute attente, à mobiliser le soutien de tutsis crédibles et de haut niveau qui ont déserté l'UPRONA et qui, comme la nature a horreur du vide, se cherche un point de chute. Il se trouve que le discours de Rwasa est prometteur.


Du coup, Agathon Rwasa, longtemps considéré comme le plus extrémiste des hutus se métamorphose en une figure qui incarne la cohésion nationale.


Alors que pendant des siècles son nom inspirait une terreur paralysante chez les tutsis, Agathon Rwasa, avec l'aide d'un parti au pouvoir qui a érigé la terreur, la violence, une brutalité aveugle en mode de gouvernance, est parvenu à se repositionner pour incarner l'unité nationale.


Selon une certaine légende autour de cet ancien rebelle, Agathon Rwasa serait un fin stratège, maître de l'art de la guerre d'usure. Il se trouve qu’il a aussi plusieurs cordes à son arc. Il a su galvaniser un soutien des milieux qui lui étaient traditionnellement hostiles.


Son discours séduit aussi bien chez les hutus que chez les tutsis. Des politiciens en exil, des journalistes et activistes des droits humains en exil voient en lui un espoir pour le pays, une opportunité et une deuxième chance pour le Burundi de se fabriquer un système de gouvernance juste et équitable.