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Que veut cacher le Burundi?:Face au coronavirus,les autorités préferent se démener seules sans l’OMS


Pierre Nkurunziza, président du Burundi

Jusqu'ici, le Burundi reste un des pays qui présentent un des plus bas taux de cas avérés de coronavirus dans le monde. Les autorités préfèrent avancer la «grâce divine » pour justifier ces chiffres devenus de plus en plus inténables.


Les statistiques qui proviennent du Burundi ne sont pas les seules qui peinent à convaincre les experts. Celles qui émanent de la Chine (qui vient de réviser ses statistiques à hauteur de 50% des chiffres initialement présentés) et des pays commes l'Iran ne concordent pas avec la réalité et logique scientifiques.


Face à ce zoom sur son taux jugé artificiellement bas, les autorités s'emprennent de plus en plus à l'organisantion mondiale de la santé, l'OMS.


Comme le rapporte la Radio France Internationale «les relations entre le gouvernement et l’Organisation mondiale de la santé sont empreintes d’une grande méfiance de la part des autorités.»


Le régime de Gitega veut à tout prix controller l'information


Alors que tous les pays du monde cherchent à augmenter leur capacité de dépistage, le Burundi semble tout faire pour limiter les capacités de dépistage du coronavirus. Par exemple, le ministre de la santé publique Thadée Ndikumana a décidé de mettre fin brusquement à une formation que l'OMS dispensait aux micribiologistes du seul centre hospitalo-universitaire dont dispose le pays.


Les autorités préfèrent laisser le monopole de dépistage à la petite équipe du laboratoire national basé dans l’Institut de santé publique. Le résultat: selon les statistiques disponibles, cette équipe aux moyens très limités n'aurait réalisé jusqu'ici qu'une cinquantaine de tests sur une population de près de 12 millions.


Pour illustrer les difficultés auxquelles font face cette équipe de l'INSP, les centres de soins qui demandent son concours disent qu'il lui arrive souvent de prendre plus de 24 heures pour réagir à l’appel d’un hôpital ou centre de santé sur un cas présentant les symptômes du nouveau coronavirus.


L’OMS recommande fortement la multiplication des centres de dépistage dans les pays qui font face au Covid-19 comme moyen de lutter contre cette pandémie


Une équipe de l’OMS sommée de quitter le terrain


Selon la RFI, la méfiance est telle que Gitega avait demandé il y a peu le rappel de trois hauts fonctionnaires de l’OMS, dont le représentant au Burundi, Walter Kazadi. Selon des sources qui se sont adressées à RFI, il aurait fallu une lettre de la cheffe de l’OMS au niveau Afrique et une autre de son directeur général adressées directement au président Pierre Nkurunziza, pour que le ministre de la Santé revienne sur cette exigence.


Ainsi, l'OMS risque de subir le même sort que l'office onusien qui s'occupe des droits de l'homme qu s'est vue sommée de fermer ses portes par les autorités du pays il y a quelques années. Les autorités n'avaient pas voulu garder cette organisation au pays alors qu'elle les accusaient de graves violations de droits humains.


La confrontation, l'hostilité et l'isolement semblent être les moyens les plus privilégiés par les autorités pour faire face à toute critique éxterieure tandisque la violence, répression aveugle, disparitions forcées et éxecutions extrajudiciaires constiturnt les outils de choix pour mâter toute voix discordante à l'intérieur du Burundi.


Le Burundi s'est aussi retiré de la cour pénale internationale qui avait déjà annoncé des enquêtes contre le régime de Gitega.