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Quinze OSC dénoncent la volonté du régime à « crédibiliser un processus électoral non démocratique »

Quinze Organisations burundaises de la société civile viennent de dénoncer, à travers une déclaration commune, la crédibilisation d’un processus «électoral non démocratique».

« Les multiples déclarations de candidatures aux présidentielles, sans programmes politiques ni projets de société, découlent de la volonté du régime à crédibiliser un processus électoral non démocratique », ont-elles déclaré.

Ces organisations ont rappelé en outre que « le contexte pré-électoral reste caractérisé par l’insécurité continue, la répression des opposants, le verrouillage de l’espace politique et civique, l’existence des centaines de milliers de réfugiés causés par la crise actuelle et l’emprisonnement d’une dizaine de milliers d’opposants au troisième mandat ».

Elles déplorent que l’Accord de paix signé en 2000 qui avait largement contribué à la stabilité politique, « a été enterré définitivement par la constitution de juin 2018. Elles rappellent que la campagne référendaire a été précédée par de multiples violations des droits de l’homme à l’encontre des opposants ».

Les quinze organisations dénoncent aussi « les multiples violations des droits de l’homme commises par la milice du CNDD-FDD, les Imbonerakure, qui continuent à semer la terreur au sein de la population et qui ont récemment commis des exécutions sommaires sur des dizaines de personnes arrêtées en province de Bujumbura ».

Elles appellent les parties au conflit burundais, aidées en cela par les partenaires du Burundi, à «reprendre le dialogue national inclusif et constructif afin de trouver une solution à une série de questions dont leur persistance prolongera la crise actuelle».

Pour aider le Burundi à remonter la pente, ces organisations recommandent le rétablissement de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi ainsi que la constitution de 2005 qui en est issue ; l’arrêt de la répression en cours au Burundi depuis 2015 contre des opposants réels et supposés ; la lutte contre l’impunité des crimes passés et actuels ; la réforme et la dépolitisation de l’appareil judiciaire qui est actuellement instrumentalisé et sert d’outil de répression des opposants au régime ; etc. Gitega n’a pas encore réagi.

Les autorités burundaises s’attellent à la préparation des élections générales dès le 20 mai prochain sans participation de l’opposition ni observateurs étrangers.

Les Organisations signataires sont les suivantes : Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture au Burundi(CAT-Burundi) ; Association Burundaise pour la Protection des Droits humains et des personnes Détenues( APRODH) ; Association des Journalistes Burundais en Exil ( AJBE) ; Coalition Burundaise des Défenseurs des Droits Humains( CBBDH) ; Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale (CB-CPI) ; Coalition de la Société Civile pour le Monitoring Electoral (COSOME) ; .Collectif des Avocats des Victimes des crimes de droit International commis au Burundi (CAVIB) ; Forum pour la Conscience et le Développement (FOCODE) ; Forum pour le Renforcement de la Société civile (FORSC) ; Ligue Burundaise des Droits de l’homme « ITEKA » ; Mouvement des Femmes et Filles pour la Paix et la Sécurité au Burundi (MFFPS) ; Réseau des Citoyens Probes (RCP) ; SOS-Torture Burundi ; Union Burundaise des Journalistes (UBJ) et Tournons la Page Burundi(TLP-Burundi) .