L’exclusion programmée des Tutsis va son chemin au Burundi !

L’exclusion programmée des Tutsis va son chemin au Burundi !

08/01/2019

 

L’exclusion multidimensionnelle des tutsis soigneusement pensée et méticuleusement mise en œuvre par le régime estampillé «Cndd-Fdd» ne fait plus mystère de son projet peu feutré d’éjecter sans façon et systématiquement les membres de cette communauté ethnique de la vie politique, économique et sociale du pays.

 

A priori, cette idée peut paraître pour certains comme  du mensonge cousu de fil blanc. Mais l’illustrer par quelques exemples glanés ça et là sur le champ de l’actualité, du factuel ou de l’événementiel, suffit pour que même le plus incrédule (mais honnête) des citoyens burundais se surprenne entrain d’allonger la liste pour convaincre davantage.

 

Cette exclusion est d’abord et avant tout politico-sécuritaire. Car si les tutsis n’ont pas totalement disparu de la scène, ils y restent par défaut et sont ultra minoritaires.

Et là encore le système veille à se choisir ceux qui sont à ses yeux «politiquement corrects». Ceux qui savent bien rentrer dans les rangs sans trop de bruits ou de questions.

Point n’est besoin de rappeler que des organisations politiques qui défendaient leurs intérêts ont été démantelées parfois par d’autres tutsis happés par ce même système qui ne cesse de leur miroiter de menus avantages immédiats et bassement matériels.

 

Malheureusement, ceux-là qui ont volontairement pris l’option de chanter, louer et quémander du dedans se font aussi des porte-voix du système pour clamer à la ville et au monde que tout est rose au Burundi.

Tenez. Dans la foulée de la récente arrestation des ex-hauts gradés de l’armée (tutsis), l’Ombudsman  s’est empressé à clouer le bec de ceux qui y verraient une chasse délibérée aux tutsis, ex hauts gradés de l’armée.  Il s’est fendu d’un tweet que voici.  «Que personne n'évoque des questions d'ethnies dans le dossier des mandats d'arrêts lancés contre les présumés auteurs de l'assassinat du Président Melchior Ndadaye».

Quelques jours plus tôt, il venait de vanter via le même réseau social la paix et la sécurité retrouvées grâce à l’Accord d’Arusha.

 

«L'Ombudsman  Edouard Nduwimana est très heureux de constater que les Accords d’Arusha ont contribué à la paix et à la stabilité du Burundi».

Fin 2018, Gaston Sindimwo lui a emboité le pas en tweetant ceci sur son compte officiel: «Le Burundi est paisible et la sécurité est une réalité sur tout le territoire».

Pourtant, nul n’ignore que la crise actuelle dans laquelle le pays est embourbé vient de la violation de cet Accord par Pierre Nkurunziza.

 

Ce dernier les a d’ailleurs relégués aux oubliettes de l’histoire.

Que les déséquilibres ethniques au sein des corps de défense et de sécurité, ou des institutions se sont exacerbés. Que le système réclame leur extension aux autres secteurs non cités dans les Accords pour caser les hutus au grand dam des tutsis (ONG étrangères et locales…).

 

L’exclusion est aussi physique. Au plus fort de la crise de 2015, que d’officiers tutsis fauchés, simplement à cause de leur ethnie. Qu’on se souvienne de l’assassinat des colonels Bikomagu, Rufyiri, du général Kararuza, et de bien d’autres militaires tutsis emprisonnés, kidnappés ou assassinés.

A cela s’ajoute l’exclusion socioéconomique qui se traduit par une volonté délibérée de paupérisation des tutsis. D’abord sournoise, elle est quasi officielle aujourd’hui.

 

Mise en chômage technique du personnel de plusieurs sociétés, fermeture des entreprises (COTEBU) ou banques commerciale (Banque populaire, BCD, …), fermeture des médias indépendants, spoliation des terres ou domaines fonciers appartenant aux tutsis.

Plus récemment encore, le gouvernement vient de s’attaquer aux maisons des tutsis qui ont pris le chemin de l’exil, craignant pour leur sécurité.

 

Il est à rappeler en outre que les tutsis vivant dans des camps de déplacés sont constamment sous pression et menace. Juste pour ce qu’ils symbolisent : l’inachèvement d’un génocide tout aussi programmé contre les tutsis.

Cela étant, il est évident que la situation burundaise n’a pas la limpidité d’une bande dessinée. Les liens entre Hutu et Tutsi restent nombreux au sein de cette société dévastée par le système CNDD-FDD, mais pas totalement disloquée, et les divisions sont également très réelles au sein de chaque prétendue « communauté ».

Les hutus, twa et tutsi doivent se lever comme un seul pour ressouder davantage le tissu social et rassurer les membres de la communauté tutsie.

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