L’ONG Handicap International refuse de s’astreindre à «l’obligation du fichage ethnique de ses employés» imposé par le gouvernement du Burundi

L’ONG Handicap International refuse de s’astreindre à «l’obligation du fichage ethnique de ses employés» imposé par le gouvernement du Burundi

09/01/2019

L’ONG Handicap International a annoncé lundi via une ferme déclaration, son refus réfléchi de s’astreindre à «l’obligation du fichage ethnique de ses employés».

 

En conséquence, elle met la clé sous paillasson, côté Bujumbura après plus de 25 ans d’activités fort utiles dans le pays.

 

Présente au Burundi depuis 1992, cette organisation ne s’estime plus en mesure de mener ses projets en raison des décisions du gouvernement burundais vis-à-vis des ONG internationales, notamment « l’obligation du fichage ethnique de ses employés ».

« Handicap International a tenté de répondre aux demandes du gouvernement dans le respect des principes humanitaires et de ses valeurs, et engagé des discussions avec lui dans ce sens, sans arriver à trouver de solution », a déclaré Nathalie Blin en charge de communication.

 

« Lors d’une entrevue le 24 décembre 2018, le Ministère de l’Intérieur burundais a confirmé que les conditions posées par le gouvernement étaient « non négociables » et qu’à défaut de les satisfaire d’ici au 31 décembre 2018, Handicap International ne serait pas autorisée à reprendre ses activités».

 

L’association tire les conséquences de cette situation, et ferme à grand regret son programme au Burundi, après vingt-six ans de présence et d’intervention dans les domaines de la santé, la réadaptation, l’éducation, la protection, l’insertion socio-économique et l’appui aux associations. L’association déplore le fait que les capacités d’action des ONG se réduisent de plus en plus dans ce pays qui compte parmi les plus pauvres du monde, au détriment des populations burundaises les plus vulnérables.

 

 Handicap International est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient depuis 35 ans dans les situations de pauvreté et d’exclusion, de conflits et de catastrophes.

 

Fin septembre dernier, le Conseil national de sécurité du Burundi a ordonné la suspension des activités de toutes les Organisations non gouvernementales (ONG) étrangères pour une période de trois mois en vue de vérifier leur "conformité à la loi et au règlement en vigueur au Burundi".

 

A peine 80 ONG (sur 131 enregistrées avant la mesure gouvernementale) ont accepté de se plier aux conditions absurdes édictées par Bujumbura pour exclure les tutsis de leurs postes au sein des ONG étrangères.

 

Selon des observateurs, Bujumbura veut renforcer le contrôle visant les ONG étrangères, principal source de devises dans le pays après la suspension par les partenaires occidentaux de l'aide budgétaire directe au gouvernement.

En janvier 2017, le gouvernement a mis en place une nouvelle loi régissant les ONG étrangères. Elle prévoit notamment un strict contrôle de leurs finances, des frais administratifs et des quotas ethniques dans le recrutement du personnel (60% de Hutu et 40% de Tutsi, comme dans l'administration).

 

Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat.

 

En juillet de la même année, Nkurunziza avait remporté ce mandat, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.

Ces violences ont déjà fait des milliers de morts et poussé plus de 500 mille personnes à fuir le pays.

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