La paix avant la tempête: pas d’élections en Afrique de l'Est en 2019, mais 2020 sera une année électorale pour toute la communauté

Des années comme 2019 n’arrivent pas souvent en Afrique de l’Est, alors laissons-nous donc le savourer.

 

 

Considérons, par exemple, que cette année, il n’y aura ni élection ni référendum dans aucun pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est. L’année dernière, en mai, un référendum constitutionnel a eu lieu au Burundi pour prolonger le règne du Guide Suprême Éternel, Pierre Nkurunziza.

 

Et les élections controversées et interminables de 2017 au Kenya ne se sont effectivement terminées qu'en mars 2018, lorsque le président Uhuru Kenyatta et le chef de l'opposition, Raila Odinga, se sont serrés  la main.

 

L’année prochaine, les observateurs électoraux et vraisemblablement les juges des tribunaux qui entendent des litiges électoraux ne pourront pas dormir. La Tanzanie aura des élections générales. et le Burundi aussi. Au Soudan du Sud, la situation reste moins claire. 

 

En marge de la CAE, il y aura des élections générales au Soudan (peut-être), des élections législatives en Somalie sont sur l'agenda;  et le plus important encore, des élections sont prévues en Éthiopie. Si le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed continue sur sa lancée réformiste et éclairée, le résultat en Éthiopie pourrait être stimulant pour la sous-région.

 

Au Soudan, où des manifestations ont surpris Omar al-Bashir, tout peut arriver. La Somalie aussi est douteuse. En tout état de cause, les résultats pourraient, comme d’habitude, avoir un impact considérable sur le Communauté de l'Afrique de l'Est.

 

Puis au début de 2021, l’Ouganda se rendra aux urnes avec le président Yoweri Museveni, qui a orchestré l’an dernier un autre amendement constitutionnel  qui lui confère la 3ème plus longue longévité présidentielle en Afrique- cette fois pour lever la limite d’âge présidentielle - cherchera à entamer sa quatrième décennie au pouvoir et à surpasser la record d'Afrique de l'Est depuis de nombreuses années.

 

Donc, si vous planifiez un mariage interrégional, ou si vous souhaitez créer une entreprise dans l’ensemble de l’Afrique de l’Est et que vous souhaitez le faire pacifiquement, 2019 en est l’année.

 

Cela nous ramène tous à 1999, une annee tres significative pour la CEA. Cette année, nous devrions organiser des fêtes pour marquer le 20è anniversaire de la renaissance de la CEA. Le traité de rétablissement de la CEA a été signé le 30 novembre 1999. Il est entré pleinement en vigueur en juillet 2000.

 

En Ouganda, Museveni était président. En Tanzanie, Benjamin Mkapa était président. Et au Kenya, c'était Daniel arap Moi. La situation au Kenya était moins bonne qu'aujourd'hui et Moi faisait face à une pression pour une réforme politique.

 

En 1999, Museveni était toujours dans son élément. Mkapa, diplômé de l'Université Makerere de Kampala, était à la fois "pan est-africain" et panafricaniste. À l'instar de Museveni, qui a été témoin d'action dans la lutte contre le Mozambique, Mkapa a été imprégné de la libération de l'Afrique australe.

 

Ils étaient donc disposés à payer un prix raisonnable pour la relance de la CEA, et la retenue à l'égard de Moi en était un élément important. Bien que le Kenya ait été blâmé par les deux pays pour l’effondrement de la première CEA, ils étaient heureux de laisser l'homme de Moi, Francis Muthaura, être le premier secrétaire général de la CEA.

 

Mais il y avait plus que ça. À ce stade, Moi était à bout de piste. Il est apparu qu'il ne pouvait rien faire pour sauver sa carrière. Cependant, il semble maintenant que Moi ait été suffisamment astucieux pour considérer la CEA comme un projet phare.

 

À bien des égards, l’un des principaux motifs du départ de Moi en 2002 et du retour de la démocratie au Kenya est la reprise de la CEA - en 1999.

 

Charles Onyango-Obbo est l'éditeur du visualiseur de données Africapaedia 

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