RCN-Justice et Démocratie se refuse un comptage ethnique de ses employés et plie bagages.

RCN-Justice et Démocratie se refuse un comptage ethnique de ses employés et plie bagages.

10/01/2019

 

 

Après Handicap International, l’ONG belge RCN-Justice et Démocratie vient d’annoncer la fermeture de son bureau local à Bujumbura suite à la mesure du gouvernement burundais intimant aux ONG étrangères «l’obligation du fichage ethnique» des employés.

 

 «RCN Justice et démocratie ne s’estime pas habilité à fournir des statistiques ethniques et n’en dispose pas les capacités », a déclaré Eric Gillet, Président du Conseil d’Administration de cette organisation.

Cette organisation demande aux autorités burundaises de lui permettre de «procéder aux nécessaires actions de clôture administrative afin de répondre aux exigences légales  notamment en matière de rupture du contrat de travail de ses salarié».

 

RCN-Justice  et Démocratie avait ouvert son bureau au Burundi en 2000.
Elle apportait son appui dans le secteur de la justice.

Une autre ONG belge, MSF (Médecins Sans Frontières), pourrait fermer incessamment son bureau à Bujumbura. «À ce jour, MSF n’a pas reçu de confirmation de son réenregistrement au Burundi », a déclaré cette organisation sur son compte twitter.

 

Cette organisation était connue par le Burundais moyen comme l’unique centre de secours pour les blessés et autres accidentés, notamment les victimes de l’infernale machine à tuer du pouvoir.

 

 «Nous continuons toutefois l’offre de soins médicaux gratuits à Bujumbura et poursuivons les discussions avec les autorités afin de garantir la continuation de nos activités médicales dans le pays», a-t-elle ajouté.

Fin septembre dernier, le Conseil national de sécurité du Burundi a ordonné la suspension des activités de toutes les Organisations non gouvernementales (ONG) étrangères pour une période de trois mois en vue de vérifier leur "conformité à la loi et au règlement en vigueur au Burundi".

 

Pour le Ministère de l’Intérieur, 84 ONG étrangères (sur 131) se sont conformées à cette mesure.

 

Selon des observateurs, Bujumbura veut renforcer le contrôle visant les ONG étrangères, principal source de devises dans le pays après la suspension par les partenaires occidentaux de l'aide budgétaire directe au gouvernement.
En janvier 2017, le gouvernement a mis en place une nouvelle loi régissant les ONG étrangères. Elle prévoit notamment un strict contrôle de leurs finances, des frais administratifs et des quotas ethniques dans le recrutement du personnel (60% de Hutu et 40% de Tutsi, comme dans l'administration).

 

D’après certaines sources proches des caciques du pouvoir à Bujumbura, les prochaines cibles sont les banques commerciales et autres institutions financières, en l’occurrence les microfinances.  Les autorités lorgnent aussi sur les organismes onusiens, notamment le PNUD, le PAM, l’UNICEF et bien d’autres.

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
J'aime
Please reload

  • Facebook Basic Black
  • Twitter Basic Black
Please reload

Nous suivre