Le marché moderne de Matana réduit en cendres ce dimanche 13 janvier

Le marché moderne de Matana réduit en cendres ce dimanche 13 janvier

14/01/2019

 

A peine modernisé, le marché moderne de la commune de Matana (84 km de Bujumbura) vers le sud du Burundi a été littéralement avalé par un feu aussi ravageur que mystérieux dimanche 13 janvier.

 

Tout est parti en fumée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Selon Frédéric Niyonzima, gouverneur de la province de Bururi, il s’agit d’une perte sèche et inopinée pour le pays, la commune et la population.

«Ce marché contribuait à hauteur de 8 millions de Fbu par mois  aux recettes collectées en taxes», a-t-il confié aux médias locaux.

 

Qu’ils soient grossistes ou détaillants, les  commerçants qui y tenaient stands ont le blues. Autant que les nombreux clients qui s’y approvisionnaient.

Ce sont donc des centaines de Burundais  qui sont brutalement privés de leurs sources de survie. Officiellement, la cause de cet incendie qui vient de consumer le marché de Matana reste inconnue. Mais pour qui connait le contexte politique et sécuritaire du pays, il est difficile de croire à une simple cause accidentelle comme le clamera sans doute la police.

 

Car à l’instar des autres domaines de la vie économique du pays, il est difficile de ne pas voir une certaine main diabolique derrière la tragédie qui frappe épisodiquement les marchés au Burundi depuis quelques années.

Selon un décompte non exhaustif, c’est le 14ème marché moderne consumé en 6 ans. Certains commerçants dépossédés de tout à Matana sont des sinistrés de l’ancien marché central de Bujumbura consumé, lui aussi, un dimanche du ….27 janvier 2013. Par après, bien d’autres marchés ont pris feu les dimanches.

Six ans après la destruction du marché central de Bujumbura, les ténors du régime veulent récupérer le terrain de l’ancien marché pour une gigantesque bâtisse qui sera bientôt érigée par une entreprise chinoise dénommée «Jiangxi Jianglian Intern’l Engineering Co Ltd ».

 

Quoi qu’il en soit, cette loi des séries de malheurs qui frappent les marchés burundais les dimanches a à voir avec celle qui affecte les autres domaines.

Des ONG étrangères ferment les unes après les autres suite aux décisions ubuesques du régime CNDD-FDD.

A l’instar des commerçants de Matana, le personnel des ces ONG est laissé à lui-même, forcé au chômage. 

 

Pire encore, sucés jusqu’à la lie par un pouvoir mal inspiré et en mal de ressources, d’autres opérateurs économiques ont déjà délocalisé leurs activités ou fermé boutique. L’économie est en piteux état et les prix des produits et services de base s’éloignent chaque jour du faible pouvoir d’achat du Burundais Lambda.

 

A y regarder de près, les pompiers sont aussi des pyromanes au Burundi. Voilà qui complique toutes les enquêtes.

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