Zoom sur des Tutsis jetés à la vindicte populaire par des extrémistes hutus.

19/01/2019

 

L’air de rien, des extrémistes hutus multiplient les appels du pied à l’endroit de leurs congénères pour en découdre une fois pour toutes avec les tutsis constamment accusés des maux d’hier et d’aujourd’hui.  

Leur message est limpide comme l’eau de roche : Par le passé (qui ne passe pas), les tutsis ont trucidé les hutus qui doivent leur rendre la discipline.

 

Et comme pour éviter toute confusion, les cibles ou leurs proches sont personnellement nommées, photos à l’appui, le cas échéant. Si les canaux sont aussi variés que les auteurs de ces sinistres appels à la solution finale pour les tutsis, un nouveau compte twitter nous paraît particulièrement ravageur. Tant et si bien qu’il devait attirer l’attention des autorités, ou tout au moins inquiéter les victimes désignées. 

C’est « le droit de savoir » sur twitter. Derrière ces quatre mots, des extrémistes hutus tirent à boulets rouges sur des personnalités d’ethnie tutsie en leur collant le prétendu génocide dont les hutus se disent avoir été victimes en 1972. Pour eux, le mal burundais vient des tutsis.  

 

Voici, à titre d’exemples, deux twitts assassins récemment postés. 

« Le cas de Hakizimana nous pousse à dire ceci: comment voulez-vous que le Burundi s'en sorte lorsque les plus grands criminels du passé burundais déambulent dans les rues sans être inquiétés? On leur donne même de grandes responsabilités ». « Bien connu au Département de la Population à Gitega, Léonce Segamba  est accusé d'avoir livré les étudiants et ses collègues hutus pour être exécutés en 1972. Il enseignait les mathématiques à l'Ecole Moyenne Pédagogique de Musenyi. Il est fort possible que les personnes visées ou citées, sinon leurs proches, ignorent encore qu’ils sont désignés du doigt et que par la force de la colère latente/larvée, les nombreux destinataires des messages agiront ou l’ont déjà fait. Mais au-delà des cibles nommées, c’est toute l’ethnie tutsie qui est visée. Même ceux qui se croient politiquement « corrects » et par conséquent à l’abri de la machine à tuer que le régime veut huiler.

 

 A tout hasard, prenons encore ce récent twitt qui résume bien la portée globale de leur campagne de diabolisation.

« Ceux qui ont tué les nôtres en 1965 ; 1972 ; et 1993, sont conducteurs de bus, mènent une retraite tranquille, etc. Le comble, c'est que même parmi ceux qui ont fait partie de la Commission vérité/réconciliation), certains sont soupçonnés de meurtres ou d'avoir livré des hutus à l'abattoir. Ils ne nous aideront pas ».

Dans la mesure où ces messages sont suivis par les autorités, par le biais de leurs services de communication, elles devaient les relever pour les condamner publiquement. Sans cela, elles les encouragent et seront comptables du chaos qu’elles augurent.
 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
J'aime
Please reload

  • Facebook Basic Black
  • Twitter Basic Black
Please reload

Nous suivre