Bujumbura fait capoter le processus de paix d’Arusha

Bujumbura fait capoter le processus de paix d’Arusha

05/02/2019

 Gaston Sindimwo, 1er Vice President du Burundi

 

Les autorités burundaises font capoter tous les efforts fournis par la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) dans son élan salutaire de  juguler la crise dans laquelle le pays est embourbé depuis près de quatre ans. 


Le récent rapport du dialogue inter-burundais est d’une nullité déconcertante, vu du Burundi. 
Alter ego de Nkurunziza dans les fora politiques internationaux, Gaston Sindimwo l’a martelé ce dimanche à son retour d’Arusha où il venait de prendre part au 20ème Sommet de la CAE qui avait l’analyse dudit rapport à son agenda.


Telle une feuille avec laquelle on a fini de se torcher, le laborieux rapport établi par l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, Facilitateur dans la crise burundaise, n’a donc aucune valeur aux yeux de Bujumbura.
Pour ceux dont Gaston est porte-voix, le rejet est sans équivoque.  «Nous rejetons en bloc ce rapport parce qu’il fait reculer notre pays en remettant en cause les institutions de la République qui ont été démocratiquement élues», a-t-il déclaré.


Gaston Sindimwo a fait ces déclarations à son arrivée à l’aéroport de Bujumbura après sa participation au 20ème Sommet de la CAE tenu vendredi à Arusha en Tanzanie.
Le président ougandais Yoweri Museveni, Médiateur dans la crise burundaise, avait présenté aux chefs d’Etat de la CAE le rapport du dialogue inter-burundais d’Arusha.


«Ce rapport recommande notamment la mise en place d’un gouvernement de transition au Burundi, cela est absurde étant donné que nous allons vers des nouvelles élections en 2020 avec une nouvelle constitution».
Selon le premier Vice-président burundais, les chefs d’États membres de la CAE ont pris acte du contenu du rapport tout en s’engageant à mener d’autres consultations internes entre eux pour déterminer l’étape suivante sur la résolution de la crise burundaise.

 

Mais pour Bujumbura l’urgence est à la préparation des élections de 2020. « Le Burundi s’attelle uniquement aux préparatifs des élections, tout le reste n’est que distraction », a aussi déclaré le premier vice-président du Burundi. 

A vrai dire, ce rejet éhonté revêt une haute portée symbolique. Car comme le Burundi a claqué la porte à la CPI, banni de son sol le bureau onusien des droits de l’homme Ici, les autorités en rajoutent une couche par ce doigt d’honneur adressé à toute la communauté internationale. Elles viennent de réduire à néant Car les autorités réduisent à néant tout l’investissement régional et mondial consenti en vue d’une sortie de crise au Burundi.


Les Burundais déjà tétanisés par la bestialité du régime croisent les doigts et attendent voir le prochain acte. Dans une totale résignation, cela va sans dire.
 

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