Pierre Nkurunziza, chantre de l’unité qu’il ne cesse de saper !

Pierre Nkurunziza, chantre de l’unité qu’il ne cesse de saper !

05/02/2019

Président Pierre Nkurunziza lors d'une cérémonie officielle 

 

Les Burundais commémorent le 28ème anniversaire du sacre de leur unité ce 5 février.


Comme à ses habitudes, le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza a longuement discouru sur l’unité historique et légendaire des Burundais, laquelle unité a été malencontreusement entamée par de jaloux colons (et leurs sbires locaux de tutsis), a-t-il estimé. 


Curieusement, dans son discours su l’unité, Pierre Nkurunziza s’est davantage attardé sur l’Occident que sur le sujet annoncé pour son message attendu. 
Mais le ressort de son discours est peut-être à chercher dans son inconscient. Et vu sous cet angle, il n’aurait pas tord d’accuser car il se sait constamment coupable. 


La fuite en avant est de mise. Constamment obsédé par cet Occident qu’il sait trop au parfum des égarements du régime burundais, Pierre Nkurunziza a donc versé, d’entrée de jeu, dans la culpabilisation. 
Sous ce registre, la Belgique, dont le Burundi fut une colonie il y a de cela plus d’un demi-siècle, a particulièrement essuyé des piques venimeuses du président burundais. 
C’est elle qui a ouvert la boîte de Pandore pour les Burundais. « Le fléau de l’ethnisme nous est venu des colons belges en l’occurrence, car ils en étaient et restent encore eux-mêmes victimes », a-t-il déclaré lundi soir dans son circonstanciel message à la Nation. 


Puis il vante son avènement, tel un Messie tant attendu pour ressouder le tissu social écartelé. « Pour nous débarrasser de ce mal protéiforme, il nous faut une bonne cure de désintoxication et nous sommes sous traitement grâce à notre bravoure, intégrité et détermination à préserver cette unité héritées de nos ancêtres.
Mais Nkurunziza ne leurre que les mal avertis sur ses faits et gestes.


En discourant sur l’unité des Burundais, il a pris soin de sauter pieds joints les milliers de tutsis et autres hutus non acquis à son idéologie, broyés par sa machine à tuer qu’il s’efforce encore à bien huiler. 
Il a fait abstraction des ex-hauts gradés de l’armée qu’il vient de mettre au noir, simplement parce qu’ils étaient en fonction quand il animait, depuis le maquis, une rébellion déjà animée par une idéologie génocidaire  qui ne le quitte pas.


Nkurunziza a fait abstraction du calvaire infligé à son homonyme Clément, faussement accusé de massacres d’étudiants hutus (1995) et embastillé à Ngozi (terroir de Peter). 
Les exemples d’autres faits éludés sont légion. En réalité, Nkurunziza a dit tout sur l’unité des Burundais, sauf l’essentiel. 

 

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