Le régime de Bujumbura suspends les activités des ONG étrangères pour manque d’équilibre ethnique au profit des ONG locales, mono-ethniques et claniques

Le régime de Bujumbura suspends les activités des ONG étrangères pour manque d’équilibre ethnique au profit des ONG locales, mono-ethniques et claniques

20/02/2019

  Assemblee generale de l'association des membres du clan des Bajiji, 16 fevrier 2019 

 

 

Alors que la nouvelle constitution en son article 18 appelle les organisations non-gouvernementales à respecter les quotas ethniques c’est-à-dire 60% de hutus et 40 % de tutsi avec un minimum de 30% de femmes, on assiste à une naissance des ONG locales purement mono-ethnique sous l’œil de complaisance et de complicité du ministère et sur l’initiative du Président Pierre Nkurunziza.

 

 

60% pour les Hutus et 40% pour les Tutsis sont les quotas exigés aux organisations non-gouvernementales opérant sur le sol burundais, par une nouvelle loi de janvier 2017 qui régit ces ONG. Pourtant on assiste à l’agrément en cascade des associations mono-ethniques basées sur les clans.  

 

Les premiers transgresseurs de la loi qui régit les ONG au Burundi sont bel et bien le régime de Bujumbura par le biais de son ministre de l’intérieur et de la formation patriotique Pascale Barandagiye.  Alors que la nouvelle constitution en son article 18 appelle les organisations non-gouvernementales à respecter les quotas ethniques c’est-à-dire 60% de hutus et 40 % de tutsi avec un minimum de 30% de femmes, on assiste à une naissance des ONG locales purement mono-ethnique sous l’œil de complaisance et de complicité du ministère et sur l’initiative du Président Pierre Nkurunziza.

 

La 3eme   association qui vient de se réunir en assemblée générale ce 16 février 2019  est celle du clan des Bajiji sous la bannière d’« Association Mpuzabajiji » agréée par l’ordonnance Ministérielle No 530/1642 du 06/12/2018. L’ONG clanique ayant vu le jour le premier dans cette panoplie de clanisme est celle qui regroupe les membres du clan du président Pierre Nkurunziza  « Abahanza ». Elle est connu sous le nom d’Abahanza World Association « AWA » en sigle.

 

Elle a été agréée en Avril  2017 et son assemblée générale s’est tenue à Vyerwa, la colline natale du Président. Une autre  association clanique opérationnelle sur le sol burundais malgré la nouvelle loi de janvier 2017 qui exige un équilibre ethnique est celle du clan des Bashubi. Toutes ces trois ONG ou associations sont uniquement de l’ethnie Hutu. Le Burundi connait trois ethnies à savoir les Hutus, les Tutsi et Twa.   

 

Il s’avère alors que la nouvelle loi de janvier 2017 qui régit les ONG  est appliquée d’une manière sélective et semble être utilisée pour étouffer les  étrangères ONG perçues comme « ennemis »  du pouvoir de Bujumbura.

 En plus des quotas ethniques, ces ONG et plus particulièrement celles étrangères doivent virer un tiers de leurs budgets sur les comptes de la BRB (Banque de la République du Burundi). Aussi, les salaires du personnel non expatrié doivent être libellés en monnaie locale.

 

Certaines ONG internationales n’ont résisté à cette main lourde du pouvoir en refusant catégoriquement de franchir «  la ligne rouge » du fichage ethnique. C’est entre autre le Handicap International et Avocat Sans Frontière qui ont déjà  fermé leurs portes.   

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