Le parlement se bile après le début du rapatriement des 1000 soldats burundais de l’AMISOM.

24/02/2019

Parlementaires burundais lors d'une séance de débats au parlement  

 

«Le parlement burundais demande à la Commission de l’UA d’assurer la protection des troupes burundaises réduites mais toujours confrontées aux terroristes Al-Shabaabs »

 

Les députés et sénateurs burundais ne font pas mystère de leur chagrin après que l’Union africaine ait pris sa décision unilatérale de réduire de 1000 militaires le contingent burundais de l’AMISOM.  Sa colère monte encore d’un cran après le début, jeudi, du renvoi d’un premier convoi de 200 militaires.

 

Lors d’un Congrès express organisé ce jeudi, ils ont déversé toute leur bile sur le Rwandais Paul Kagame (ex-président de l’UA) et l’ex-président burundais Pierre Buyoya (représentant de l’UA au Sahel et au Mali). Bujumbura présume les comme des initiateurs non officiels de la triste décision.

 

«Durant sa période à la tête de l'Union Africaine, Paul Kagame doit avoir mené des tractations pour influencer la Commission Paix et Sécurité de l'UA pour prendre cette décision », a déclaré devant les députés et sénateurs, Emmanuel Ntahomvukiye, ministre de la défense.

 

Et le président de l’Assemblée nationale, Pascale Nyabenda, de lui emboîter le pas, illico, mais non sans laconisme : «Les deux ne sont pas loin de cette décision », a-t-il déclaré.

 

A l’issue du congrès, le parlement s’est fendu d’une épaisse déclaration dans laquelle il recommande au gouvernement d’envisager le retrait de toutes ses troupes de l’AMISOM.

 

 «Le parlement burundais invite le gouvernement à envisager, le cas échéant, le retrait de toutes les troupes burundaises au cas où la décision de l’Union africaine serait maintenue», indique le texte.

 

Ce communiqué a été conjointement signé par Révérien Ndikuriyo, président du sénat, et de Pascal Nyabenda, président de l’Assemblée nationale du Burundi.

 

Les députés et sénateurs demandent en outre à l’UA de garantir la sécurité des troupes burundaises réduites face aux menaces des Al-Shabaabs.

 

«Le parlement burundais demande à la Commission de l’UA d’assurer la protection des troupes burundaises réduites mais toujours confrontées aux terroristes Al-Shabaabs ».

 

Ils appellent le gouvernement à demander un sommet des chefs d’état des pays contributeurs de troupes au sein de l’AMISOM pour une solution appropriée.

 

«Le parlement burundais recommande au gouvernement burundais de demander un sommet des chefs d’états des pays contributeurs de troupes de l’AMISOM afin de parvenir à une solution consensuelle et juste ».

 

Comme pour clouer le parlement burundais au pilori, le président de la Commission de l’Union africaine a lâché un tweet assassin en plein débat parlementaire au Burundi. « J’ai eu une conversation téléphonique avec le président somalien Mohammed Abullahi Mohammed ; nous avons noté le début de la mise en œuvre de la décision », a déclaré l’Ambassadeur Smail Chergui.

 

Le premier convoi de 200 militaires est rentré jeudi le 21 février. Tous les 1000 militaires doivent être rapatriés avant la fin de ce mois. Cette décision a été prise par la 27ème réunion du Comité militaire de coordination des opérations (MOCC) en novembre dernier pour se conformer à la résolution n°2431 (2018) du Conseil de sécurité de l’ONU visant la réduction du personnel militaire de l'AMISOM».

 

Le Burundi participe à la Force de l’Union Africaine pour le maintien de la paix en Somalie depuis 2007.

 

Après l’Ouganda, c’est le deuxième pays contributeur en troupes de l’Amisom avec 5400 hommes.

 

 

 

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