Elections de 2020 : La Police burundaise tente de redorer son blason

02/03/2019

 Guillaume Bunyoni, ministre burundais de la sécurité publique

 

 

Alors qu’elle est devenue la risée du monde en raison de ses exactions inégalées depuis les dernières élections encore controversées de 2015, la police burundaise veut redorer son blason.

 

A l’approche d’un autre rendez-vous électoral, elle entend en effet peaufiner son image en brusquant, ou disons-le sans faux-fuyant, en tuant ou kidnappant moins de paisibles citoyens.

 

C’est certainement dans cette perspective qu’elle annonce, via son compte officiel twitter, le démarrage d’un vaste programme de formation des officiers de police en vue de «sécuriser les  élections de 2020».

 

Dans un premier temps, cette formation concerne «les officiers de police» et portera «sur le cadre opérationnel de la sécurisation des élections de 2020».

Après les officiers, la formation s’étendra sur les autres catégories de ce corps de sécurité. «La formation couvrira toutes les régions jusqu'en avril prochain et s'étendra à tous les policiers après », a précisé le Ministère.

 

Alors que le pays est à son 4ème rendez-vous électoral depuis qu’il est sous contrôle du CNDD-FDD, d’aucuns se demandent si ses policiers ne savaient encore pas comment « sécuriser » les élections. 

Mais à y regarder de près, il s’agit, d’une part, d’un véritable aveu de bestialité qui n’était plus qu’un secret de polichinelle pour les Burundais et pour le monde entier. Car les graves crimes dont les policiers burundais sont comptables sont connus de tous et tout le temps.

 

D’autre part, la police reconnait finalement que les nombreux Imbonerakure (jeunes militants du parti au pouvoir) et autres Interahamwe (forces résiduelles des génocidaires rwandais) auxquels elle est accusée d'avoir illégalement ouvert ses portes ont besoin d’une remise à niveau pour mieux les humaniser. Leur consigne non officielle étant de tuer, tuer et tuer encore.

 

Cette formation annoncée n’est donc qu’une tardive tentative de formatage de leurs caboches irréversiblement programmées pour tuer.

Pour rappel, les dernières élections de 2015 ont été marquées par des violences aiguës suite à la contestation du 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza.

 

Plusieurs rapports de l’ONU et des ONG des droits de l’homme ont accusé la police burundaise de nombreuses exactions, notamment la répression des opposants.

 

 En 2016, l’ONU a renvoyé de la République Centrafricaine quelques 280 policiers burundais accusés d'exactions commises au Burundi avant leur déploiement dans ce pays, dans le cadre de la MINUSCA. Leur mandat n’a pas été renouvelé.

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