La police burundaise reconnaît ses bavures éhontées.

La police burundaise reconnaît ses bavures éhontées.

06/03/2019

Général Guillaume Bunyoni, ministre de la sécurité publique  

 

«Faisant référence aux rapports sécuritaires à notre disposition, je constate que les jets de grenades et autres bavures de certains policiers reprennent une allure inquiétante»

 

Au Burundi, les violences policières sont si flagrantes que le haut commandement de ce corps a fini par reconnaitre ouvertement les nombreux dérapages. C’est le tout nouvel Inspecteur général de la Police, Mélchiade Ruceke, qui vient de reconnaître que les vrais-faux policiers ont franchi le Rubicon en orchestrant le chaos qu’ils étaient censés dissiper.

 

 «Faisant référence aux rapports sécuritaires à notre disposition, je constate que les jets de grenades et autres bavures de certains policiers reprennent une allure inquiétante», a déclaré, un brin téméraire, Mélchiade Ruceke, Inspecteur principal de la police.

 

Il y a fort à parier que Mélchiade Ruceke risque gros. Car un tel aveu n’avait jamais eu lieu avant, en dépit de moult preuves indiscutables de l’implication active et programmée des policiers dans les cas d’assassinats ciblés, d’enlèvements et de torture de paisibles citoyens.

 

Pour tenter d’enrayer ces bavures policières, des mesures contraignantes viennent d’être prises.

«Les policiers qui vont au bistrot étant en tenue de service et en armes devront être punis de façon exemplaire», a déclaré l’Inspecteur principal de la police.

 

«Aucun policier n’a le droit de détenir une grenade sinon il sera considéré comme un criminel», a-t-il ajouté.

Les bavures policières se sont multipliées ces derniers jours au Burundi.

Dans la nuit de samedi à dimanche, au moins quatre personnes dont un policier, ont été tuées par un policier dans la zone Gatumba, commune Mutimbuzi, province de Bujumbura.

 «C’était aux environs de 22 heures du soir lorsqu’un policier a ouvert le feu sur un groupe de gens qui étanchaient leur soif dans un bar appelé ‘’Ku Kibingo’’», a déclaré dimanche aux médias locaux Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police nationale.  

 

Par ailleurs, certains policiers ont été souvent pointés du doigt par les rapports onusiens comme étant derrière les actes de violence et de violations des droits de l’homme.

Depuis avril 2015, le Burundi est secoué par une crise politico-sécuritaire liée à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat illégal et contesté par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.

 

Les violences consécutives aux contestations ont déjà fait des milliers de morts et poussé des centaines de milliers d’autres Burundais à l’exil selon l’ONU et les ONG.

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