Pierre Buyoya réitère son appel à la réhabilitation de l’Accord d’Arusha.

14/03/2019

 

L’ancien Président burundais, Pierre Buyoya revient à la charge et réitère son appel à la réhabilitation de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation des Burundais.

 

Dans une récente correspondance adressée au Président ougandais Yoweri Museveni, Médiateur dans la crise burundaise, l’actuel Haut Représentant de l’Union africaine au Mali et dans le Sahel a d’abord rappelé que «le Burundi connait depuis 2015 une crise aggravée par une violation massive des Droits de l'Homme dont l'instrumentalisation de la justice». Selon Pierre Buyoya, le chaos ambiant est logiquement « consécutif à la violation de l'Accord d'Arusha signé en 2000 ».

 

Ainsi, par cette ultime sonnette d’alarme, Pierre Buyoya veut-il particulièrement attirer «l'attention de tous ceux qui ont accompagné le Burundi dans son processus de paix sur l'urgente nécessité de réhabiliter l'Accord» dont la violation risque de rouvrir la plaie encore béante laissée par les violences d’hier.

 

En outre, dans cette correspondance bien étoffée (9 pages), Buyoya charge doublement Nkurunziza : D’abord pour avoir ouvert la boîte de Pandore à travers ce piétinement de l’Accord d’Arusha ; ensuite pour s’être enfermé dans sa tour d’ivoire en se refusant à «toutes les tentatives de rapprochement avec les leaders de l'opposition qui ont fui le pays».

 

Il en profite naturellement pour fustiger les mandats d’arrêts lancés par le régime burundais à l’endroit des ex-grosses pointures du pouvoir (dont il faisait élégamment partie) accusées d’avoir participé à l’assassinat du Président Melchior Ndadaye (octobre 1993).

 

Selon Pierre Buyoya, ses mandats « s'inscrivent dans la ligne droite de la violation de cet Accord pour la paix et la réconciliation qui a mis fin à une décennie de guerre civile».

 

«Les mandats émis contre les anciens leaders soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat du président Melchior Ndadaye n'avaient pas raison d'être, puisque l'Accord d'Arusha avait prévu les modalités de gestion des contentieux de sang accumulés entre Burundais », a-t-il fait remarquer tout en demandant leur «annulation ».

 

Pour rappel, ce document a été aussi envoyé à tous les pays et organisations qui ont accompagné le processus de paix d'Arusha, notamment la Tanzanie, du Kenya, du Rwanda, de l'Ouganda, des Nations Unies, de l'Union Européenne et de l'Union Africaine.

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
J'aime
Please reload

  • Facebook Basic Black
  • Twitter Basic Black
Please reload

Nous suivre