Tournée de terreur par le président du sénat burundais

Tournée de terreur par le président du sénat burundais

15/03/2019

Révérien Ndikuriyo, le président du sénat burundais. 

 

 

Le président du sénat burundais effectue une tournée dans les communes de Muramvya et Bujumbura pour forcer une population meurtrie de famine à contribuer aux élections de 2020. Une contribution qui préoccupe la commission de l’ONU sur les droits de l’homme au Burundi.

 

Sous « un rire forcé » des participants  aux réunions qu’organise Révérien Ndikuriyo président du Sénat, celui-ci menace les élus locaux qui ne contraignent pas leurs dirigés de cotiser pour les élections de 2020. « Vous devez sensibiliser la population pour qu’elle s’acquitte de leur devoir civique afin que notre pays organise les élections sans chercher des aides extérieures », a  indiqué le président du Sénat, ce mardi 12 mars 2019. Il était dans les communes de Mbuye et Kiganda dans la province de Muramya. Le lendemain 13 mars, le même message a été adressé aux élus  locaux, chefs des services et représentants des confessions religieuses de la commune de Mugongomanga, c’est dans  la province de Bujumbura dit rural.

 

Pour persuader ses audiences, le président du sénat burundais donne l’exemple de sa province natale Makamba, qui selon lui  a déjà collecté plus de 100% des fonds qui étaient attendus dans toutes les communes. Cette province s’est faite remarquée ces derniers jours dans des opérations de  collecte forcée de fonds destinés aux élections de 2020. Les jeunes affiliés au parti CNDD-FDD qualifiés aujourd’hui de milice par l’ONU, n’ont pas cessé d’ériger des barrières à travers toute la province, avec comme seul objectif de forcer tout passant de montrer des reçus qui démontrent qu’ils ont fait les payements exigés pour les élections. 

 

 

Concernant ces collectes forcées, le Président de la  commission d’enquête de l’ONU sur les droits de l’homme au Burundi Doudou Diène a déclaré ce mardi 12 mars 2019 devant le conseil des droits de l’homme à Genève, que cette commission  est  très préoccupée  par la décision de Bujumbura (ou de Gitega) de forcer des ménages burundais de financer les élections de 2020, en notant que «celle-ci prenne régulièrement l’allure de racket ou d’extorsion car elles accompagnent de violence ou encore, conditionne l’accès aux soins de santé et à l’éducation », a indiqué Doudou Diène qui a également dénoncé le fait que des contributions financières ou en nature pour la construction des permanences du CNDD-FDD soient aussi exigées de l’ensemble de la population.

 

 

Très récemment, le président du Burundi Pierre Nkurunziza a indiqué, sur la chaine de télévision nationale, que le bilan est positif.

 « En une année presque et demie, 70% des moyens nécessaires sont déjà collectés pour les élections de 2020. Il ne reste qu’à mobiliser 30 % d’où nous lançons un appel vibrant à l’endroit de toute la population burundaise pour qu’elle puisse contribuer à ces 30 % qui restent afin que cette année les financements nécessaires soient disponibles », a précisé Pierre Nkurunziza.

 

 

Pour rappel, une disette continue d’être déclarée  dans plusieurs communes du pays, mais les autorités burundaises ne sont pas préoccupées par la situation. Toutes les têtes sont tournées vers les élections de 2020.    

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