Pierre Nkurunziza incarne un monstre dans l’imaginaire des gosses.

19/03/2019

 Pierre Nkurunziza, president du Burundi 

 

Bien que le Président burundais, Pierre Nkurunziza ne cesse d’étouffer les gosses qui voient en lui le monstre qu’il est réellement et le lui disent, la mayonnaise  a du mal à prendre. Pierre Nkurunziza reste dans leur imaginaire, une pure incarnation du monstre ou du diable.

 

Au nord du Burundi, des écoliers viennent en effet de l’exprimer ouvertement en gribouillant la photo du président dans les manuels scolaires.

 

Ils font de lui un monstre biscornu.

Bien que mineurs, ils paient cette hardiesse en passant par la case prison.

 

Sept élèves de l’Ecole Fondamentale de Kamuri, commune et province Kirundo sont en effet emprisonnés dans les locaux du parquet de Kirundo depuis quelques jours pour avoir fait d’une photo du Président contenue dans leurs manuels scolaires un monstre à deux cornes.

Le gouverneur de la province Kirundo, Tribert Mutabazi l’a confirmé aux médias locaux.

«Ils sont tous accusés d’avoir gribouillé la photo du Président Nkurunziza imprimée sur leurs manuels scolaires », a-t-il déclaré.

Les parents de ces enfants, dont l’âge oscille autour de 12 ans, plaide pour leur relaxe. «Nous avons demandé pardon pour nos enfants, mais les autorités ont opté pour des sanctions sévères», a déclaré l’un d’entre eux.

 

«Nous pensons que ces enfants doivent être punis car ils manquent de respect pour un Chef de l’Etat, c’est un mauvais exemple pour les autres », a ajouté le gouverneur de Kirundo.

 

Au-delà des faits et de leurs conséquences prévisibles dans le contexte burundais, l’incident intéresse par sa nature. L’image d’un Président écornée par des gosses du primaire traduit sans doute sa monstruosité légendaire et connue de tous.

 

Ici, la gravité de la sanction est moins importante que le message innocent de l’enfant.

Par ailleurs, le Président cultive lui-même son image d’un monstre. D’abord parce qu’à son passage tout le monde est mis à l’écart ou à l’abri pour ne pas l’apercevoir.  Ensuite parce que son règne est synonyme de chaos : multiplication des actes d’assassinats  et d’enlèvements, des familles entières disloquées par la guerre et/ou la famine.  Les enfants en sont témoins.

 

Pour rappel, en 2016, en pleine crise née du 3ème mandat du président Nkurunziza, plus de 40 élèves dont l’âge est compris entre 15 ans et 18 ans ont subi le même sort, à Muramvya, au centre du pays.

 

Ils étaient accusés d’avoir gribouillé les photos du président Pierre Nkurunziza.

Suite aux plaidoiries des associations en faveur des droits des enfants, après des mois d’emprisonnements, certains ont été renvoyés de l’école, tandis que d’autres ont été sommés de payer pour remplacer les manuels scolaires abîmés.
 

 


 

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