L’injustice de la justice burundaise est sans pareil!

04/04/2019

 

 

La Ministre burundaise de la Justice, Aimée Laurentine Kanyana a récemment avoué que les juges et autres magistrats burundais sont massivement corrompus.  Elle les a énergiquement sermonnés en les invitant à se ressaisir sous peine de sanctions imminentes.

 «Avant de manger pensez aux nombreux prisonniers, privés de manger injustement », a-t-elle déclaré la semaine passée face à un parterre de cadres et agents du Ministère en Mairie de Bujumbura. Sa mise en garde a fait le buzz sur les réseaux sociaux.

En réalité, la Ministre a publiquement fustigé une tare quasi atavique pour l’appareil judiciaire burundais, sinon pour l’Etat burundais dans toutes ses dimensions.

Sauf qu’elle a sauté, pieds joints et volontiers, les nombreuses de l’appareil judiciaire burundais, autres failles aux effets encore plus ravageurs.

La justice burundaise est en effet aux ordres et a l’air de s’y complaire maladivement. Toute velléité d’indépendance est soigneusement étouffée dans l’œuf, parfois avec  la complicité de certains magistrats.

Aujourd’hui, le Syndicat des magistrats du Burundi (SYMABU) n’est plus que l’ombre de lui-même. L’ancien ministre de la justice, Pascal Barandagiye l’a totalement dynamité avant d’hériter du Ministère de l’Intérieur.

 

La vérité est que cet appareil judiciaire a largement ouvert ses  portes au militantisme politique. Exit alors l’impartialité et le professionnalisme du juge.

 

C’est pourquoi les prisons et autres centres de détentions sont gonflés à broc.

 

Même les détenus graciés restent au noir, surtout quand leurs dossiers ont un relent politique.

 

Parlant justement des prisonniers acquittés mais toujours détenus, l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture au Burundi, (ACAT/Burundi) vient de recenser au moins 41 personnes que les juges ont soigneusement gardées au noir. «Ces personnes sont accusées d'atteinte à la sécurité intérieur de l'État, à la participation au mouvement insurrectionnel ou à la participation aux bandes armées », précise cette organisation de défense des droits de l’homme.

 

Par ailleurs, nul n’ignore que les dossiers des détenus et surtout ceux des détenus pour des crimes à caractère politique sont traités avec une lenteur démesurée et avec mauvaise foi.

 

En outre, grâce à ses enquêtes, ACAT/Burundi fait aussi remarquer que les prisons burundaises sont remplies de détenus qui viennent d’y passer trois ans en détention préventive et d’autres qui ont interjetés appel il y a de cela trois ans sans que leurs dossiers soient programmés pour que leurs causes soient entendues par le juge d’appel.

 

La justice est donc injuste. Si bien qu’elle se fout du prescrit de la Loi fondamentale. L’article 38 de la Constitution dispose en effet que  «toute personne a droit, dans une procédure judiciaire ou administrative, à ce que sa cause soit entendue équitablement et à être jugée dans un délai raisonnable ».

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
J'aime
Please reload

  • Facebook Basic Black
  • Twitter Basic Black
Please reload

Nous suivre