Human Rights Watch appelle les autorités burundaises à «mettre fin à l’impunité» des crimes.

Human Rights Watch appelle les autorités burundaises à «mettre fin à l’impunité» des crimes.

13/04/2019

 

L’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) appelle les autorités burundaises à «mettre fin à l’impunité» des crimes pour permettre l’impartialité du système judiciaire.

 

 «Si les autorités burundaises ne trouvent pas la volonté politique de mettre fin à cette impunité, les tribunaux deviendront une coquille vide, dénuée de sens et corrompue», a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.

 

HRW trouve dangereux l’environnement de travail des activités et autres opposants. «Des défenseurs des droits humains, des journalistes, des opposants politiques et des personnes jugées critiques à l’égard du parti au pouvoir ont été menacés, intimidés, arrêtés et attaqués», a-t-il ajouté.

 

Cette organisation dénonce l’immixtion des autorités dans le traitement des dossiers judiciaires. «Human Rights Watch a reçu de la part d’avocats et de juges plusieurs allégations crédibles d’interférences politiques avec le système judiciaire», a ajouté Lewis Mudge.

«Les procès sensibles de personnes considérées comme des “opposants” au parti au pouvoir et accusées de crimes contre la sûreté de l’État soulignent la partialité du système judiciaire».

 

Pour HRW, les dossiers les plus emblématiques concernent, notamment, l’ancien vice-président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME), Ernest Manirumva, qui a été assassiné à son domicile à Bujumbura le 9 avril 2009. Ce grand militant anti-corruption avait aidé à faire la lumière sur plusieurs affaires de corruption au Burundi.

 

«Le travail d’Ernest Manirumva menaçait les intérêts des responsables et des hommes d’affaires corrompus», a expliqué Lewis Mudge. «Son procès n’a pas permis de tenir pour responsables des membres haut placés de la police et des services de sécurité suspectés d’être impliqués».

 

Parmi les personnes récemment incarcérées figure aussi Germain Rukuki, un autre militant des droits de l’homme condamné à 32 ans de prison pour avoir été reconnu coupable de «rébellion», ’«atteinte à la sûreté de l’État», de «participation à un mouvement insurrectionnel» et d’«attaques contre le chef de l’État».

 

Il y a aussi Nestor Nibitanga, défenseur des droits humains et observateur régional auprès de l’Association burundaise pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), reconnu coupable d’atteinte à la sûreté de l’État. Il a été condamné à cinq ans de prison le 13 août 2018.

 

Le Burundi traverse depuis avril 2015 une grave crise politique et sécuritaire déclenchée au lendemain de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel, jugé illégal par l’opposition et la société civile.

 

Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plusieurs milliers de morts et poussé des centaines de milliers d’autres à fuir le pays.

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