Les sanctions parisiennes courroucent les caciques du régime burundais.

Les sanctions parisiennes courroucent les caciques du régime burundais.

17/04/2019

Ambassadeur de la France au Burundi, Laurent Delahousse serre la main du president du Burundi le jour de la prise de ses fonctions à Bujumbura 

 

La récente reconduction, par Paris, des sanctions prises à l’encontre de quatre responsables burundais semble irriter les caciques du régime burundais.

 

La France vient en effet de décréter le gel des avoirs de quatre responsables burundais pour atteintes à la démocratie et d’actes de violence » en 2015 après la décision du Président, Pierre Nkurunziza, de briguer un 3è mandat consécutif, a rapporté dimanche sur son site le journal français, Ouest-France.

 

Au lendemain de cette décision, la bile se déverse à gogo sur la toile. De Nancy Ninette Mutoni, porte-parole du parti présidentiel à Alfred Museremu, célèbre bourreau de Buyenzi (qui squatte aujourd’hui le Service de renseignement) en passant par le ménestrel Louis Kamwenubusa gratifié de la direction des Presses et Publications Burundaises pour avoir irréversiblement vendu sa conscience.

 

« Ces artisans/artistes de l’impérialisme occidental prennent une fois de plus des mesures unilatérales, irréfléchies, injustifiées et injustifiables envers le Burundi, ainsi donc un coup d’Etat n’est plus une atteinte à la démocratie! La Honte », a annoncé sur son compte twitter Nancy Ninette Mutoni,  porte-voix du parti au pouvoir.

At home, Nancy et les autres tentent de tancer l’Ambassadeur de France au Burundi, Laurent Delahousse.  In fine, le pauvre devient, malgré lui, la victime collatérale des sanctions parisiennes contre les grosses pointures du régime.

 

 « Monsieur l’ambassadeur de France au Burundi, vous savez très bien ce que je pense de cette inique décision, en tant que nation fière et forte nous continuerons à privilégier des relations et solutions basées sur le respect mutuel et le bien-être du Peuple. Pas de leçons, SVP », a déclaré Nancy Ninette Mutoni.

 

Mais le diplomate français ne s’en laisse pas conter. Il saisit la balle au bond pour dédramatiser, tout en  tendant (et c’est curieux) la main au «rouleau compresseur».

 

« Chère Nancy, la mesure à laquelle vous faites référence n’est que la transcription en droit français de la reconduction annuelle d’une décision européenne du 1er octobre 2015. Rien de nouveau là-dedans. Travaillons ensemble sur la main tendue au lieu de hurler avec les loups », a-t-il déclaré sur son compte twitter.

 

Au lieu de calmer les esprits, Laurent Delahousse semble avoir mis le pied dans le plat. Pour le lui faire remarquer, Alfred Museremu, connu pour sa gâchette facile à Buyenzi pendant les manifestations, n’y va pas du dos de la cuillère : « L’ambassadeur de France au Burundi joue à la déshumanisation.  A tous les patriotes de conserver ce tweet, qui fera preuve du rôle de la France dans des actions contre ceux que Delahousse appelle “les loups”. Espérons que ce groupe n’est ni ethniquement ou politiquement assimilé », a-t-il déclaré. Voilà.  Tout est dit.

 

Ou presque. Car il reste encore une couche que ne tarde à remettre Louis Kamwenubusa, laudateur inconditionnel de son régime nourricier. « Personne n'a besoin de votre main toujours tendue ou toujours pendante pour nous faire croire aux beaux yeux de votre Europe. Vous avez vos intérêts à chercher au Burundi même au prix du sang du peuple. La France a pu mentir une fois 2 fois mais éternellement c'est devenu impossible », a-t-il dit.

 

L’Ambassadeur semble y perdre son français.

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