L’Eglise catholique au Burundi barre la route aux «démago-propagandistes».

L’Eglise catholique au Burundi barre la route aux «démago-propagandistes».

22/04/2019

 

C’est officiel. L’Eglise catholique vient de priver la parole aux acteurs politiques, en particulier les caciques du parti présidentiel, qui s’invitent dans ses paroisses jusqu’au fin fond du pays et en profitent pour berner des foules sur fond de logorrhées démagogues.

 

Ces prises de parole intempestives son désormais «interdite».  Relayé par les médias indépendants, le communiqué de la Conférence des Évêques du Burundi a le mérite de la clarté.

 

«il est désormais interdit à un prêtre célébrant d’accorder la parole à un fidèle laïc ou à toute autre personne en dehors de ce qui est prévu par le rituel pour la célébration eucharistique».

 

«Au cours de la célébration eucharistique, l’unique prise de parole faisant partie intégrante de cette célébration, c’est l’homélie qui ne peut être prononcée que par les ministres ordonnées)».

 

Face à certains abus liturgiques qui s’observent actuellement au cours des célébrations eucharistiques dans les paroisses des Diocèses du Burundi, la Conférence Épiscopale a le devoir de rappeler à tous ses fidèles en général et aux prêtres en particulier certaines normes liturgiques pour la «sauvegarde de la dignité de la célébration de l’Eucharistie».

 

«Ces mesures entrent en vigueur le Jeudi Saint, 18 avril 2019», précise le texte.

 

 A y regarder de très près, cette décision prise à quelques mois des élections vise sans doute les grosses pointures du pouvoir. Lorsqu’elles participent aux prières dominicales, elles en profitent souvent pour prendre la parole et lancer des messages de sensibilisation à l’endroit de la population. C’est notamment le cas pour le Chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, ses adjoints, ainsi que les président du sénat et de l’assemblée nationale.

 

Avec près de 80% des fidèles, l’Eglise catholique est la principale autorité morale au Burundi. Depuis fin avril 2015, elle s’est ouvertement opposée au 3ème mandat de Pierre Nkurunziza.

 

Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006.

Ces violences ont déjà fait des milliers de morts et poussé plusieurs centaines de milliers d’autres à fuir le pays.

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