Les opposants sont plus que jamais dans l’œil du cyclone

Les opposants sont plus que jamais dans l’œil du cyclone

24/04/2019

Jérome Ntibibogora, commissaire provincial a Muyinga

 

A quelques mois d’un autre simulacre d’élections générales au Burundi, les opposants sont plus que jamais dans l’œil du cyclone.

 

En effet, au moment où les Burundais sont encore en émoi, au lendemain des déclarations fracassantes de Jérome Ntibibogora, Commissaire de police à Muyinga qui, plus militant du Cndd-Fdd (au pouvoir) que policier, a promis de faire taire définitivement toute voix discordante, les miliciens Imbonerakure inféodés au même parti rivalisent d’ardeur pour engloutir sans sommation les opposants réels ou présumés.

 

L’une de leurs dernières victimes est un certain Elie Ncishubwenge, militant du CNL dans la commune de Butihinda en province de Muyinga.

Le pauvre n’a pas survécu aux coups et blessures lui infligés par le gang des Imbonerakure qui font la pluie et le beau temps dans la région.

 

Comme à l’accoutumée, la police feint de mener des enquêtes pour mettre la main sur les criminels. Mais nul ne croit plus à ses balivernes. Pourtant, selon des témoins sur place, les meurtriers d’Elie sont notoirement connus de tous : il s’agit d’un certain Saidi Nyamarushwa, vice-président du CNDD-FDD dans la province et Issa Bankuwunguka, chef de zone de Butihinda.

 

Par ailleurs, dans cette même province de Muyinga, des responsables de ce  tout nouveau parti d’opposition, le Congrès national pour la liberté (CNL)d’Agathon Rwasa indiquent qu’une dizaine de leurs militants ont été récemment interpellés.

 

Curieusement, quatre d’entre eux sont introuvables dans tous les centres de détention de la région. D’aucuns redoutent déjà une possible signature du Commissaire Jérome Ntibibogora, donneur de mort autoproclamé.

 

Reste qu’à Butihinda, les jeunes Imbonerakure auront du mal à cacher, encore plus longtemps, la colère générale de la population, y compris au sein des militants du parti présidentiel, face au régime CNDD-FDD qui lui a privé l’accès aux sites d’exploitation artisanale des mines d’or.

 

L’Etat les a dépossédés de leur poule aux œufs d’or et l’a cédée leur zone aurifère à une société étrangère dénommée African Mining Burundi. Pour eux, la cession est à l'origine de la paupérisation de la population de Butihinda. 

 

A l’image de tous les autres Burundais des quatre coins du pays, les habitants de Butihinda ont le blues et ne s’en cachent pas. Auront-ils le culot de se venger en 2020 ? Rien n’est moins sûr.

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