La COSYBU fustige niaisement le clientélisme dans l’accès à l’emploi au Burundi

La COSYBU fustige niaisement le clientélisme dans l’accès à l’emploi au Burundi

02/05/2019

 

La Confédération des syndicats du Burundi (COSYBU) a fustigé, mercredi 1er mai, non sans une évidente niaiserie, le clientélisme qui caractérise l’accès à l’emploi au Burundi.

 

«Nous dénonçons le manque de transparence et la non-distinction des postes politiques et techniques au Burundi », a déclaré Tharcisse Gahungu, Président de la COSYBU, dans son discours circonstanciel à l’occasion de la célébration de la fête du travail et des travailleurs.

 

«La COSYBU regrette que le peu d'emplois qu’il y a encore au Burundi s'octroient sur base de clientélisme, de népotisme, de corruption et d'autres critères non objectifs», a candidement ajouté le Président de la COSYBU.

 

Devant le Président burundais, Pierre Nkurunziza et son alter ego Evariste Ndayishimiye, président du parti-Etat (CNDD-FDD), Tharcisse Gahungu a su fustiger poliment « le clientélisme » érigé en règle de jeu en matière d’accès à l’emploi au Burundi.

 

Sans jamais franchir le Rubicon en explicitant ses propos un brin osés. Sinon, il aurait dû dire tout haut ce que tout le monde connaît déjà : que sous l’ère Nkurunziza et le parti qu’il incarne, trouver un emploi sans parrain du parti présidentiel relève d’un parcours de combattant.

 

Tharcisse Gahungu a tout noyé dans le concept générique de «clientélisme dans l’accès à l’emploi» alors que l’idéologie atavique du parti CNDD-FDD est, par essence, articulée sur l’exclusion et la discrimination.

Exclure l’autre et, dans le meilleur des cas, l’anéantir. Tel est son ADN essentiel et basique.

 

Le reste n’est que fioriture. Mais le tout est d’appréhender tous les contours de «l’autre». Sans doute que Tharcisse Gahungu l’apprendra à ses dépens.

Mais qu’à cela ne tienne. Il aura joué le jeu en feignant de s’adapter au contexte ou plutôt aux émotions de ses monstrueux interlocuteurs.

 

Dans ce même registre de dénonciation, le Président de la COSYBU a relevé, non sans regret, l’intempestive «immixtion des employeurs dans l'organisation de certains syndicats » afin de mieux les dynamiter.

 

Ici encore, il sied de souligner que cette immixtion qui chiffonne le leader syndical est consubstantiellement liée au «clientélisme» évoqué plus tôt.

«Nous condamnons l’attitude de certaines autorités qui s’immiscent dans l’organisation des syndicats jusqu’à vouloir recruter de nouveaux membres pour eux », a-t-il déclaré.

 

Les syndicats traditionnels inquiètent le système CNDD-FDD parce qu’il les a trouvés sur place et, du coup, ne les contrôle pas.

A ce propos, Tharcisse Gahungu a expressément cité le Ministère de la santé publique et de la lutte contre le sida qui, a-t-il déclaré, a voulu «détruire le syndicat du personnel de la santé, Synapa au profit d'un nouveau syndicat du nom de Synaps».

 

Le très ancien ministre de la justice Pascal Barandagiye avait bien compris la leçon. Du Syndicat des magistrats du Burundi, SYMABU, il n’en a fait qu’une bouchée.

 

Le SYMABU déjà relégué aux oubliettes de l’histoire. Avec, naturellement, toutes ses anciennes revendications sur l’indépendance de la magistrature burundaise.

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