Zoom sur les dessous du Mouvement d’Actions Patriotiques (MAP)-Burundi Buhire

Zoom sur les dessous du Mouvement d’Actions Patriotiques (MAP)-Burundi Buhire

06/05/2019

 Emery Igiraneza, president du  Mouvement d’Actions Patriotiques (MAP)-Burundi Buhire

 

 

Au lendemain de la dernière sortie médiatique du tout nouveau Mouvement patriotique burundais (MAP) qui, à travers une déclaration doublement lucide et osée, vient de dénoncer énergiquement la persécution des refugiés burundais en Tanzanie, il est plus qu’opportun de gratter en peu plus sur cette sur cette organisation naissante pour mettre en exergue son punch par rapport aux organisations qui l’ont précédées sur l’échiquier politique burundais.

 

Certes, le Citoyen Lambda est en droit de s’interroger sur l’opportunité de mettre en route un autre mouvement politique alors que la kyrielle de partis et autres organisations semblent se casser la dent face à la rude crise burundaise et ses cycliques ravages inestimables.

 

Conscient de ce questionnement existentiel, le MAP vient de couper l’herbe sous les pieds d’une nuée de  sceptiques en levant toute équivoque sur ces sempiternelles supputations.

 

A travers un regard rétrospectif sur le passé récent du Burundi, le Bureau de Coordination du MAP dans une autre déclaration fait remarquer que du lendemain de l’indépendance au Sommet de Labaule qui a sonné le glas du monopartisme, le Burundi a connu « une prolifération des partis et organisations politiques qui se sont partagés les postes de responsabilité au niveau des institutions et des différentes sphères de l’administration ».

 

« Cette situation n’a pas empêché le Burundi à plonger dans des cycles de violences qualifiées, soit d’ethniques, d’incompétence des leaders politiques, de mauvaise gouvernance, ou encore de la combinaison des trois et bien d’autres facteurs tant intrinsèques qu’extrinsèques».

 

Porté par une autre génération de patriotes écœurés par l’imparable descente aux enfers  de leur patrie, le MAP s’engage donc à rabattre les cartes en repensant l’Etat-Nation. « Le délabrement dans lequel se trouve le Burundi justifie l’urgente nécessité de repenser l’Etat-Nation et engager un processus de refondation de la Nation et de l’Etat burundais avant que la Patrie ne s’effondre sous les yeux des citoyens patriotes».

 

Ainsi, selon Emery Pacifique IGIRANEZA, Président de MAP-BURUNDI BUHIRE, le MAP vient d’abord pour «faire table rase du passé honteux et préparer un avenir meilleur pour les générations futures ».

 

Depuis l’Indépendance nationale, rappelle le Président du MAP, le rêve du Prince Rwagasore et de ses compagnons de lutte était d’ériger une justice sociale sans faille, une véritable démocratie en paroles et en actes, l’émancipation et le développement des masses paysannes.

« Après son assassinat, le peuple burundais a été meurtri par des violences cycliques : 1965, 1969, 1972, 1988, 1993, et de 2015, jusqu’aujourd’hui ».

 

Ces conflits cycliques ont précipité le pays « vers un génocide, des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre, d’importants mouvements de réfugiés et des déplacés intérieures avec une pauvreté extrême qui touche directement les trois-quarts de la population burundaise ».

 

Le MAP vient ensuite pour « redresser le présent qui fait peur et redonner espoir au peuple burundais meurtri par plusieurs années de crise».

 

Depuis que le pays est sous le contrôle du parti CNDD-FDD (2005), les Burundais assistent à une dérive autoritaire qui s’est aggravée en avril 2015, lorsque Pierre Nkurunziza a décidé de briguer un troisième mandat, en violation de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation d’août 2000 et de la Constitution de mars 2005 qui en est issue.

 

Cette situation a conduit à «des manifestations populaires spontanées pour s’opposer à cette décision».

 

« Le pouvoir en place, avec la collaboration des forces de défense et de sécurité, ainsi que la milice Imbonerakure, ont réprimé dans le sang les manifestants et annihiler l’idéal du vivre-ensemble impulsé par le partage du pouvoir entre les composantes de la société burundaise par la mise en œuvre de l’Accord d’Arusha ».

 

Pour rappel, cette crise électorale de 2015 a entrainé des dégâts inouïs : Plus de 2.000 personnes tuées, des milliers de prisonniers d’opinion, dont la majorité sont des jeunes ayant pris le devant dans les manifestations contre le 3e mandat, un demi-million de personnes croupissent dans les camps de réfugiés, en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda, au Kenya, en RDC, au Malawi, en Zambie etc.

 

Le MAP vient, enfin, «lancer un vaste chantier pour rebâtir un Burundi paisible, moderne, et prospère».

 

En effet, la situation actuelle du Burundi semble bloquée, et le pays de plus en plus recroquevillé sur lui-même.

 

« Ne s’entendant pas ni avec les voisins immédiats (Rwanda, Ouganda, RDC) ni avec les pays et organisations traditionnellement amis, considérés actuellement comme des ennemis à la souveraineté nationale, il se retrouve isolé du reste du monde».

 

Par ailleurs, l’échec récent de la médiation internationale, entreprise par la Communauté des États d’Afrique de l’Est avec le soutien des organisations intergouvernementales (ONU, UA, UE) atteste de l’absence d’intérêt à continuer à œuvrer pour la paix avec un pouvoir totalement irrationnel.

 

Cela ne va pas sans conséquences pour le Burundi et pour la région. « La Communauté Est-Africaine est au bord de l’implosion, de même que les autres organisations régionales dans lesquelles le Burundi est membre, notamment à cause d’un climat de violence qui se propage au-delà des frontières burundaises ainsi que sa non-participation politique active et financière dans les instances de ces organisations ».

 

Ainsi devant une implosion sécuritaire et humanitaire dont les signes avant-coureurs ne cessent de s’accumuler, les burundais de l’intérieur comme ceux de la diaspora observent, s’observent, et les uns se disent impuissants, les autres préfèrent continuer la lutte malgré les résultats mitigés.

 

D’où alors ce constat têtu du MAP : «En tout état de cause, les burundais ont à faire un choix délicat : soit, ils s’engagent pour rebâtir le Burundi, dans ses aspects sécuritaires, sociaux, politiques et économiques, et définir un nouveau «Pacte du Vivre ensemble……soit, ils continueront avec leur logique de violence-répression vengeresse sacrifiant la vie de millions de burundais ».

 

Le choix semble clair. Surtout qu’avec le coup de force du pouvoir d’organiser des élections générales en 2020, dans un climat de tension, « le spectre de guerre civile pointe à l’horizon ».

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