Le parti UPRONA appelle au boycott des élections de 2020

Le parti UPRONA appelle au boycott des élections de 2020

08/05/2019

 

A moins d’une année des élections générales au Burundi, l’Uprona (Union pour le progrès national) appelle au boycott pour ne pas cautionner un processus a priori « baisé ».

 

«La participation, à travers la désignation des candidats aux différents scrutins, des partis politiques de l’opposition aux élections de 2020 signifie ni plus ni moins donner caution et crédit à un processus électoral complètement biaisé », a déclaré le Professeur Charles Nditije, président de l’Uprona.

 

Charles Nditije estime en effet que «les conditions sécuritaires qui prévalent dans le pays ne permettent pas la tenue d’élections libres et démocratiques».

Il évoque, notamment,  «une grande partie des leaders des partis politiques de l’opposition, des organisations de la société civile et des médias en exil….la milice imbonerakure qui sème la terreur, des corps de défense et de sécurité devenus sources de violence».

 

Ce leader de l’opposition fustige l’attitude de certains opposants d’hier qui, « attirés par l’appât du gain, ont déjà renié leurs engagements et opté pour la participation aux élections iniques de 2020 ».

 

A court d’arguments, ceux-là «justifient leur future participation à cette mascarade électorale par le fait qu’ils ne peuvent pas empêcher la tenue de ces élections. D’autres disent qu’ils ont attendu 5 ans (2015-2020) et qu’ils ne peuvent pas encore attendre 7 ans (2020-2027), au risque de disparaître politiquement ».

Les prochaines élections n’augurent aucune solution à la crise burundaise, fait-il remarquer.

 

«Le peuple burundais et la communauté internationale ne doivent pas s’y méprendre et croire qu’une quelconque solution viendra des prochaines élections. Bien au contraire», a martelé le Président de l’Uprona.

Charles Nditije dénonce un monopartisme de fait savamment préparé par le pouvoir.

 

« La machine tourne à plein et tout est fait pour embrigader de gré ou de force les Burundais vers ces échéances : des contributions obligatoires qui prennent l’allure d’un impôt de capitation, une constitution taillée sur mesure, une CENI monocolore et militante, une feuille de route adoptée unilatéralement par le parti au pouvoir et ses alliés, un code électoral qui laisse peu d’espace à l’opposition. Le tout visant à consacrer et à renforcer l’actuel monopartisme de fait ».

 

Les autorités burundaises n’ont pas encore réagi.

Les prochaines élections générales sont prévues pour 2020 au Burundi.

Au pouvoir depuis 2005, l’actuel président Pierre Nkurunziza a déjà annoncé qu’il ne sera pas candidat.

 

Fin avril 2015, sa décision de briguer un 3ème mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile a plongé le pays dans une grave crise émaillée de violence.

Les violences ayant découlé de cette crise ont déjà fait plusieurs milliers de morts et poussé des centaines de milliers de personnes à l’exil.

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