A l’approche des élections, la CENI diabolise déjà les médias libres au Burundi

13/05/2019

Membres de la CENI au tour du president Pierre Nkurunziza le jour de leur Prestation de serment

 

A la veille d’autres élections simulées attendues en 2020 au Burundi, la Commission électorale nationale indépendante, CENI, ne fait pas mystère de son dégoût pour les médias indépendants qui, comme on sait, n’hésiteront pas de lever le voile sur le tripatouillage attendu pour laisser le CNDD-FDD rempiler pour un autre mandat de la honte.

 

Non content d’avoir fait taire la BBC et la VOA, les autorités en rajoutent une couche en accusant tous les médias indépendants d’être au service de l’Occident dans son projet de comploter contre l’Etat burundais.

 

Cette fois, le porte-voix de cet Etat injustement victimisé n’est autre que Jean Anastase Hicuburundi, Commissaire chargé des Opérations électorales et du contentieux au sein de la Céni.

Au cours d'une récente réunion d'échange entre la CENI et les partis politiques agréés, la société civile et les confessions religieuses, il craché sa bille contre les médias libres.

 

«Vous avez été témoins des événements de 2015; ce sont surtout les médias indépendants qui avaient reçu de l'étranger la mission de semer le chaos dans le pays», a-t-il publiquement déclaré.

 

«Ce sont eux qui ont fait qu'on a eu un mouvement de frondeurs au sein du (parti au pouvoir) CNDD-FDD, l'insurrection populaire, les réfugiés et d'autres maux qui ont paralysé le pays», a-t-il ajouté.

 

«Ils ont tout fait pour mettre le pays à genoux», a insisté ce militant membre de la Céni, fidèle inconditionnel du parti au pouvoir au Burundi.

Comme pour justifier son coup de gueule, Jean Anastase Hicuburundi a accusé ces médias de revenir à la charge en cette période préélectorale en renouant avec leur œuvre de déstabilisation.

 

« Aujourd'hui c'est de l'arrestation des membres du parti d'opposition Congrès national pour la liberté-CNL- dont on parle, demain ils parleront d'autres complots en rapport avec les droits de l'homme », a-t-il déclaré tout en demandant "au CNC (Conseil national de la communication, organisme public de régulation) de barrer la route à ces médias qui ne veulent pas suivre le «schéma tracé par le gouvernement».

 

Pour rappel, les médias indépendants du Burundi étaient parmi les plus florissants de la région jusqu'à la crise de 2015, où plusieurs radios et télévisions ont été détruites et une centaine de journalistes contraints à l'exil.

Le Burundi occupe la 159e place sur 180 dans le dernier classement RSF (Reporters sans frontières) de la liberté de la presse.

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