Burundi: la liberté de la femme de plus en plus contrôlée par des édits capricieux des hommes

15/05/2019

 

Désormais, à partir du 06 Mai 2019, les femmes et les filles de la commune Musongati au sud-est du Burundi n’ont plus le droit de sortir sans se faire accompagner par leurs conjoints légaux. C’est en tout cas ce qui sort d’une mesure qui vient d’être prise récemment par Damascène Arakaza, l’administrateur de la commune.

 

Dans une note officielle écrite en kirundi, la langue locale et affichée sur les murs de son bureau depuis le 06 mai 2019 et qui circule depuis un certain temps sur les réseaux sociaux, l’administrateur de la commune Musongati, Jean Damascène Arakaza indique que les mœurs se dégradent de manière très inquiétante suite aux femmes qui fréquentent les bistrots et se saoulent facilement et Ils se saoulent et s'engagent dans des relations extraconjugales.

 

Dans cette même note, l’administrateur de la commune de Musongati ordonne que les femmes et filles de sa commune n’ont plus droit aux sorties non supervisées (par un conjoint légal) dans un bistrot au-delà de dix-neuf heures. Des sorties osées seront sous surveillances des chefs locaux et les comités de sécurité composées par la milice imbonerakure.

 

Cette mesure liberticide prise par l’administrateur de la commune de Musongati a été mal accueillie par  les femmes et filles de cette partie de la province de  Rutana.

 « C’est une mesure injuste qui expose une culture qui a toujours mis la valeur des femmes en dessous de celle de leurs maris  et des filles en dessous de leurs frères. A l’ère où nous sommes, c’est vraiment regrettable qu’un administrateur se lève pour imposer de telles restrictions à l’endroit des femmes et filles », indique une des filles élève  d’un des établissements secondaires de la commune de Musongati.

 

D’autres femmes que nous avons contactées y compris les activistes s’insurgent contre cette décision, car selon elles, la mesure viole la constitution burundaise qui est le texte fondamental qui accorde les mêmes droits et libertés à toute la population. 

 

Au mois de Février de cette année, une pareille mesure avait été prise par l’administrateur de la commune Muyinga au Nord du pays. Il interdisait les filles de se promener au-delà de 18h00 ou de faire des révisions de leur matière scolaire dans la nature.  Pour l’administrateur, il était question de diminuer les cas d’abandons scolaires liés aux grossesses en milieu scolaire.

 

Ainsi pour tenter de résoudre des problèmes sociaux réels, l’administration locale et nationale fait recours à leurs instincts dictatoriaux  et imposent des mesures qui n’ont visiblement aucune base légale. A l’image des pays comme l’Arabie Saoudite, la liberté de la femme est contrôlée unilatéralement par des édits capricieux d'hommes dont le mode de gouvernement préféré est la dictature.

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