Pascal Barandagiye plombe la branche burundaise de l’Eglise adventiste du 7ème jour

Pascal Barandagiye plombe la branche burundaise de l’Eglise adventiste du 7ème jour

17/05/2019

 Pascal Barandagiye, ministre de l’intérieur

 

C’est de bonne guerre. Le Ministre de l’Intérieur, Pascal Barandagiye, a mis le cap sur la branche locale de l’Eglise anglicane du 7ème jour.

 

Pour y inculquer le virus de la division ethnique, ADN incontesté du système CNDD-FDD. A l’instar d’une tumeur maligne, son assaut fut d’abord sournois avant d’éclater au grand jour.  L’Eglise se débat avec l’appui de la hiérarchie américaine mais peine à se dégager l’emprise du ministre.

 

Selon des témoignages concordants, la discorde qui fait le buzz tourne autour d’un certain Joseph Ndikubwayo, un pasteur-président de la branche locale de l’Eglise adventiste du  7ème jour au Burundi.

 

Limogé pour «fautes lourdes», notamment le détournement de fonds, ce Pasteur a voulu s’accrocher au sommet de l’Eglise et Barandagiye a pesé de tout son poids dans la balance pour l’y maintenir, en refusant de reconnaitre son remplaçant, Pasteur Lamec Barishinga. Bien que ce dernier soit issu de l’ethnie hutue comme le sortant, il traîne, aux yeux du ministre, un boulet : il n’est pas assez extrémiste comme Pasteur Joseph.

 

Mais ce dernier avait été destitué en novembre 2018. Outre les accusations de détournement de fonds qui pesaient sur lui, ce pasteur avait été éjecté aussi pour avoir accepté d’être nommé en 2016 au Conseil national de la sécurité (CNS), organe présidé par le chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, et dont les décisions sont controversées.  Cette proximité avec le pouvoir justifie aussi le forcing d’une essence diabolique dont fait montre le Ministre de l’intérieur pour le maintenir à son poste.

 

L’Eglise locale a résisté à cette pression politiquement motivée. Mais elle en a déjà payé le prix : incarcération de 21 membres début mai, arrestation du Pasteur Lamec Bashinga avec un de ses adjoints, le pasteur Lambert Ntiguma, le 10 mai.

Alertée par ces arrestations en cascade, L'Église adventiste du 7ème jour a alors dénoncé le « harcèlement » dont sa branche burundaise fait l'objet de la part du gouvernement du Burundi.

 

«Depuis plus de six mois, le gouvernement burundais a de plus en plus harcelé et malmené l’Église adventiste en emprisonnant, frappant et intimidant (ses) dirigeants et membres», a déclaré Ted Wilson, président de l’Église adventiste, dans un communiqué publié depuis Silver Spring, aux États-Unis, où est basé son siège. Mais le Ministre Barandagiye se fout de cette indignation de la hiérarchie : «il n'existe aucun accord de coopération entre nous. Notre seul interlocuteur est l'église locale, et elle  doit se conformer à la loi burundaise», a-t-il déclaré.

Le feuilleton continue.

 

Pour rappel, l’Église adventiste, une des plus anciennes du pays, compte quelque 150 000 membres dans le pays.

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