L’Observatoire de lutte contre le génocide rejette la demande de l’UA de relancer le dialogue inter burundais

L’Observatoire de lutte contre le génocide rejette la demande de l’UA de relancer le dialogue inter burundais

30/06/2019

 Jean de Dieu Mutabazi qui preside l'Observatoire national pour la prévention et l’éradication du génocide

 

L'Observatoire national pour la prévention et l’éradication du génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité au Burundi (ONPGH), rejette la demande de l’UA de reprendre le dialogue inter burundais.

 

«Le dialogue inter burundais est clôturé à l'intérieur et à l'extérieur du pays, l’heure est à la préparation des élections de 2020 et  tous les instruments sont déjà en place : code électoral, CENI, financement…», a déclaré Jean de Dieu Mutabazi, président de ce Conseil dans un communiqué.

«Le monde entier en est témoin: la situation sécuritaire est maîtrisée, pareil discours va dans le sens de ternir l'image du Burundi», a-t-il ajouté.

 

Le 14 juin dernier, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine (UA), Smail Chergui, a appelé à la reprise du dialogue inter-burundais inclusif «dans les plus brefs délais».

 

«Le dialogue inter-burundais inclusif doit reprendre dans les plus brefs délais car il constitue, sans aucun doute, le seul moyen susceptible de promouvoir et renforcer la cohésion nationale permettant ainsi la restauration de la paix, de la sécurité durable et de la réconciliation dans ce pays», a-t-il souligné.

Smail Chergui s’exprimait devant le Conseil de sécurité de l’ONU lors d’une réunion consacrée à la situation au Burundi.

 

L’Observatoire de lutte contre le génocide au Burundi est un organe étatique mis en place par le gouvernement en décembre 2017, soit au lendemain de la décision de la Cour pénale internationale d’enquêter sur de possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis au Burundi depuis avril 2015.

Jean de Dieu Mutabazi, son président est également à la tête d’un parti proche du régime, (Rassemblement des démocrates du Burundi, Radebu).

 

Le Burundi continue à subir les aléas de la crise politique et sécuritaire déclenchée depuis plus de quatre ans, à la suite de la décision du Président Pierre Nkurunziza en avril 2015, de briguer un 3ème mandat jugé illégal par l'opposition et la société civile.

 

Dans le souci de trouver une issue à cette crise, la Communauté d’Afrique de l’est (CAE) avait initié, fin 2015 à Arusha en Tanzanie, un dialogue inter-burundais.

Le 5ème et dernier round de ce dialogue a eu lieu fin décembre 2018 sans aboutir à un résultat palpable ni permettre de rapprocher les parties en conflits soit le pouvoir et l'opposition.

 

Les principaux points de divergences concernent, entre autres, la levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques et le dialogue avec les groupes armés.

Léguant ce dialogue au second plan, Bujumbura s’attelle à la préparation des élections de 2020 au moment où plusieurs leaders de l’opposition et d’autres anciens poids-lourds du parti au pouvoir (frondeurs de 2015) sont encore en exil.

 

Au pouvoir depuis 2005, l’actuel président Pierre Nkurunziza a déjà annoncé qu’il ne sera pas candidat. L’opposition ne le croit pas.

Tags: Politique

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