Le gouvernement burundais rejette officiellement l’appel au dialogue inclusif lancé par l’UA

Le gouvernement burundais rejette officiellement l’appel au dialogue inclusif lancé par l’UA

04/07/2019

 

 

Le gouvernement du Burundi vient de rejeter officiellement l’appel à la reprise du «dialogue inclusif» récemment lancé par l’Union africaine, a-t-on appris d’un communiqué du gouvernement publié mercredi soir.

 

« Les propos de l’Ambassadeur Smail Chergui sur le Burundi sont anachroniques », a déclaré Prosper Ntahorwamiye, Secrétaire général et porte-parole du gouvernement.

 

«Au moment où le Peuple Burundais se prépare sans désemparer aux élections de 2020 et au moment où la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) vient de rendre public le calendrier électoral de 2020, les propos de Chergui, constituent ni moins ni plus que des manœuvres dilatoires et de diversion», a-t-il ajouté.

 

Le 14 juin dernier, le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine (UA), Smail Chergui, a appelé à la reprise du dialogue inter-burundais inclusif dans les plus brefs délais.

«Le dialogue inter-burundais inclusif doit reprendre dans les plus brefs délais car il constitue, sans aucun doute, le seul moyen susceptible de promouvoir et renforcer la cohésion nationale permettant ainsi la restauration de la paix, de la sécurité durable et de la réconciliation dans ce pays », a-t-il souligné.

Smail Chergui s’exprimait devant le Conseil de sécurité de l’ONU lors d’une réunion consacrée à la situation au Burundi.

 

Les autorités burundaises s’attellent à la préparation des élections de 2020.

La Commission électorale a déjà publié le calendrier des scrutins la semaine dernière. Les élections présidentielles et législatives se tiendront le 20 mai 2020 tandis que les élections sénatoriales ont été fixées, au 20 juillet 2020 et les élections des conseillers collinaires et des chefs de quartiers au 24 août.

 

Le Burundi chemine vers un nouveau processus électoral alors qu’il subit encore les aléas de la crise politique et sécuritaire déclenchée depuis plus de quatre ans, à la suite de la décision du Président Pierre Nkurunziza en avril 2015, de briguer un 3ème mandat jugé illégal par l'opposition et la société civile.

 

Dans le souci de trouver une issue à cette crise, la Communauté d’Afrique de l’est (CAE) avait initié, fin 2015 à Arusha en Tanzanie, un dialogue inter-burundais.

Le 5ème et dernier round de ce dialogue a eu lieu fin décembre 2018 sans aboutir à un résultat palpable ni permettre de rapprocher les parties en conflits soit le pouvoir et l'opposition.

 

Les principaux points de divergences concernent, entre autres, la levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques et le dialogue avec les groupes armés.

 

Léguant ce dialogue au second plan, Bujumbura s’attelle à la préparation des élections de 2020 au moment où plusieurs leaders de l’opposition et d’autres anciens poids-lourds du parti au pouvoir (frondeurs de 2015) sont encore en exil.

Au pouvoir depuis 2005, l’actuel président Pierre Nkurunziza a déjà annoncé qu’il ne sera pas candidat. L’opposition a de sérieux doutes.

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