La France ne sait plus sur quel pied danser face au régime de Gitega: elle redémarre son aide bilatérale avec le Burundi

22/07/2019

L’ambassadeur de la France, Laurent Delahousse serre la main du président Nkurunziza

 

 

En Avril 2019, soit 4 ans après les faits, la France avait décrété de geler les avoirs de plusieurs responsables burundais accusés d’atteintes à la démocratie ou d’actes de violences en 2015.

 

Les autres pays comme les Etats Unis d’Amérique avaient pourtant agi très vite en gelant les avoirs de ceux qui étaient accusés de crimes graves. 

 

 

Visé en premier par cette mesure française de gel des avoirs était l'ex-directeur général adjoint de la police nationale, Godefroid Bizimana. Il était accusé « d’avoir porté atteinte à la démocratie » et de « recours disproportionné à la force et actes de répression violente » des manifestations d’opposants ayant suivi l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza.

 

Visés aussi par la même mesure étaient Gervais Ndirakobuca, chef de cabinet de la présidence, pour avoir ordonné « un recours disproportionné à la force » face aux manifestants ; Léonard Ngendakumana, un ancien « chargé de missions de la Présidence », accusé d’être « responsable d’actes de violences - attaques à la grenade » contre les manifestants ; et un agent des services de renseignements, Mathias-Joseph Niyonzima, qui a « incité à la violence » et « formé les milices paramilitaires Imbonerakure », responsable de « graves atteintes aux droits de l’homme au Burundi ».

 

Jusque là, la diplomatie française restait cohérente de celle des autres pays occidentaux et spécifiquement de celle de l'union européenne au centre de laquelle la France se trouve. 

 

Comme le reporte la RFI: «Alors que le Burundi, en crise depuis que le président Nkurunziza a décidé en 2015 de briguer un troisième mandat, est jusqu’ici sous sanctions de l’Union européenne et de ses États membres; pour multiples violations graves des droits de l’homme, qui lui ont d'ailleurs valu l’ouverture d’une enquête de la CPI pour crimes contre l’humanité»;   la France vient de faire «cavalier seul, en reprenant son aide directe au Burundi depuis le début de l'année 2019, dans l’espoir notamment de faire bouger les lignes dans ce pays souvent qualifié de jusqu’au-boutiste»

 

Cette volte-face de la France est annoncée par son ambassadeur Delahousse Laurent à Bujumbura au 12 Juillet lors de la célébration de la fête nationale française, dans sa résidence das la ville principale du pays. Ainsi, malgré que la répression meurtrière se poursuit au Burundi selon les experts de l’ONU,la France vient de décider de tendre une main à un régime accusé de crimes contre l’humanité, un régime qui opiniâtrement refuse de négocier une sortie consensuelle au conflit qu'il a déclenchée lui-même. 

 

Et pourtant, les rapports émanant des organisations internationales sont concluant sur les crimes qui continuent d’être commis contre les citoyens burundais par leur gouvernement. Pire encore, les personnes sanctionnées par la France demeurent jusqu'ici au centre du régime de Gitega.  

 

Quelle diplomatie donc de la part de cette France qui  se veut «réaliste» devant des crimes graves dans un pays qui n'est pas loin du Rwanda où la France est accusée d'avoir usé de la même diplomatie d’apaisement face à un régime meurtrier qui finira par commettre l’irréparable: un génocide qui emporta la vie de plus de 800 000 rwandais? 

 

Que dira la France si demain, cette «reprise progressive de la coopération dans le domaine de la défense» finit par déboucher sur des crimes contre l’humanité à grande echelle voir même un génocide? 

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