Treize ONG demandent au HCR de s’opposer au rapatriement de «tous les réfugiés burundais » vivant en Tanzanie

Treize ONG demandent au HCR de s’opposer au rapatriement de «tous les réfugiés burundais » vivant en Tanzanie

06/09/2019

 Camp de réfugiés burundais en Tanzanie

 

 

Treize ONG burundaises ont appelé  le Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés (HCR) à s’opposer au rapatriement de «tous les réfugiés burundais » vivant en Tanzanie, a rapporté le Collectif des journalistes indépendants SOS-Médias/Burundi.

 

Fin août dernier,  un accord de rapatriement de «tous les réfugiés burundais vivant en Tanzanie» a été signé entre les autorités tanzaniennes et burundaises.

Les 13 ONG saisissent le HCR pour «requérir une intervention urgente susceptible d’amener le gouvernement tanzanien à renoncer à son projet de rapatrier «tous les réfugiés burundais vivant en Tanzanie », ont-elles déclaré dans une correspondance de 4 pages adressée au Haut Commissaire de l’ONU pour les réfugiés.

 

Ces organisations rappellent, en outre, que cet accord intervient au moment où «le dialogue inter burundais destiné à trouver une issue à la crise qui a produit ces réfugiés est en veilleuse et sa relance est toujours attendue».

Elles dénoncent la violation des conventions internationales sur les réfugiés, notamment « l’article 12 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi que l’article 33 de la Convention de l’ONU de 1951 sur le Statut des réfugiés qui prohibent le rapatriement forcé »

 

Selon cet accord signé entre Bujumbura et Dar-Es-Salaam, les réfugiés burundais ont jusqu’au 1er octobre prochain pour «se faire enregistrer volontairement», sans quoi «des mesures adéquates seront prises» selon les termes de cet accord.

Les camps de Nduta et de Mtendeli, les seuls qui hébergent uniquement des Burundais, seront les premiers à être démantelés, précise l'accord.

 

Les organisations signataires sont notamment: Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-Burundi) ; Collectif des avocats des victimes de crimes de droit international commis au Burundi (CAVIB) ; Coalition burundaise pour la cour pénale internationale (CB-CPI) ; Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), Coalition de la société civile pour le monitoring électoral (COSOME) ; Ligue des droits de l’Homme (ITEKA) ; Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité au Burundi (MFFPS) ; Forum pour la conscience et le développement (FOCODE) ; Forum pour le renforcement de la société civile (FORSC) ; Mouvement des femmes et filles pour la paix et la sécurité (MFFPS) ; Réseau des citoyens probes (RCP) ; SOS-Torture/Burundi ; Union burundaise des journalistes (UBJ).

 

Au lendemain de cet accord, le HCR a demandé aux gouvernements de la Tanzanie et du Burundi «de s’engager à respecter les obligations internationales et de veiller à ce que tout retour soit volontaire, conformément à l’accord tripartite signé en mars 2018 ».  L’accord tripartite signé en mars 2018 par la Tanzanie, le Burundi et le HCR souligne que « les réfugiés qui souhaitent rentrer de leur plein gré seront assistés » et que « ceux qui ne veulent pas seront protégés en terre d’exil».

 

Le Burundi n’a pas encore réagi à cet appel des 13 ONG.

Mais lors d’une conférence de presse tenue mardi à Bujumbura, le ministre burundais de l’Intérieur, Pascal Barandagiye a récemment accusé le HCR «d’empêcher les réfugiés burundais de retourner dans leur pays».

«Le flux des réfugiés va de pair avec le flux des financements, pour le HCR, le mouvement retour n’est pas bien vu », a-t-il déclaré.

 

Avec un effectif de plus de 183 mille personnes, La Tanzanie est le premier pays d’accueil des réfugiés burundais. Elle est suivie du Rwanda (71mille), la République démocratique du Congo, RDC (45 mille) et l’Ouganda (42mille).

 

La quasi-majorité de ces réfugiés ont quitté leur pays, il y a plus de quatre ans, au lendemain de la crise politique et sécuritaire provoquée par la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat, jugé illégal par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp.

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