L'ONU alerte sur un bilan accablant de violence et harcèlement contre les militants du CNL d'Agathon Rwasa

L'ONU alerte sur un bilan accablant de violence et harcèlement contre les militants du CNL d'Agathon Rwasa

31/10/2019

 Agathon Rwasa, président du parti CNL 

 

 

Le secrétaire général de l'ONU a rendu public un rapport sur la situation au Burundi. Antonio Guterres dresse un bilan largement sombre sur les violations des droits de l'homme et d'intolérance politique. Les plus visés selon l'ONU, ce sont des militants du parti CNL.

 

"Plusieurs membres du CNL sont emprisonnés, d'autres tués ou portés disparus et plus d'une trentaine de permanences du CNL démolies en trois mois. Les autorités à base, les policiers, le service national des renseignements et les jeunes du parti présidentiel Imbonerakure sont les principaux prédateurs de ces libertés des CNL" décrit Antonio Guterres.

 

L'ONU rappelle que cette situation est alarmante à moins de huit mois des élections générales au Burundi.

 

Ce mardi, le pari CNL avait lui aussi alerté sur un harcèlement multiforme généralisé dans presque tout le pays.

 

Dans la province de Cibitoke, les responsables du parti CNL ont condamnés des actes d'intolérance politique dont leur parti est victime. Ils donnent l'exemple d'une trentaine de permanences déjà détruites. Les responsables de ce parti ont fait également un bilan de six membres de cette formation de l'opposition politique emprisonnés à Mpimba.

 

"On ne comprend pas pourquoi on les emprisonne, dans un pays qui se dit démocratique", ont dénoncé les responsables locaux du CNL.

 

A Bubanza, des membres du parti CNL ont été attaqués par un groupe de personnes non encore identifiées dimanche dernier dans la commune de Rugazi. Le bilan est de trois militants du CNL blessés dont un grièvement.  Là aussi, les  Imbonerakure sont soupçonnés d'être derrière l'attaque.

 

"Nous étions informés qu'il y a un groupe de jeunes du parti au pouvoir qui allait nous attaquer et nous l'avions signalé à la police. Toutefois, la police n'a pas protégé nos membres" déplorent-ils.

 

A Muyinga,  le secrétaire communal parti CNL à Butihinda vient de passer 5 jours en prison après son acquittement par les juges du Tribunal de Grande Instance de Muyinga. Des responsables de ce parti dénoncent l'instrumentation de l'appareil judiciaire par le parti au pouvoir.

 

Il avait été arrêté alors qu'il se rendait aux obsèques d'un autre militant du CNL qui venait de succomber suite aux coups et blessures lui infligés par des Imbonerakure, dans la même province.

 

A Makamba, un militant de ce parti a été grièvement  battu par deux jeunes Imbonerakure du parti au pouvoir la nuit de ce mercredi 23 octobre, vers 20h.

Il  avait à maintes reprises été menacé, accusé de d'enseigner l'idéologie du parti CNL.

 

A Bujumbura rural, une vingtaine de responsables locaux du CNL ont été arrêtés vendredi dernier pour tentative d'assassinat. Le CNL parle d'un crime collé sur ses membres pour arrêter les opposants du régime de Nkurunziza.

 

Face à ce tableau non exhaustif de violations des droits de ses militants, Agathon Rwasa président de ce parti CNL continue de prêcher par la non violence tout en demandant à ses militants de ne pas céder à la violence. Il leur a rappelé qu'ils devront veiller et rester aux bureaux de vote le jour du scrutin pour éviter des vols.

 

Quant à l'ONU, Cette situation ne présage pas une bonne préparation des élections libres, apaisées et transparentes.

 

"Nous recommandons aux autorités burundaises d'assurer un pluralisme politique efficace, une tolérance politique et une ouverture de l'espace des libertés surtout aux opposants pour que le jeu électoral soit démocratique en 2020" insiste le SG de l'ONU.

 

Antonio Guterres en appelle au gouvernement du Burundi d'accepter de s'asseoir avec ses opposants pour préparer une feuille de route vers les élections de 2020.

 

C'est aussi le souhait de la Coalition des Forces de l'Opposition burundaise pour le Rétablissement de l'Accord d'Arusha, CFOR-Arusha. Cette coalition estime que la tenue des élections de 2020 n'est pas possible. 

 

CFOR-Arusha vient d'adresser une correspondance au conseil de sécurité de l'ONU pour dire que la situation sécuritaire est plus qu'alarmante.  Elle demande une intervention urgente de ce  Conseil de Sécurité en vue d'une solution durable à la crise burundaise afin d'éviter une autre guerre civile.

 

 

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