La Tanzanie de plus en plus sévère contre les réfugiés burundais

La Tanzanie de plus en plus sévère contre les réfugiés burundais

06/11/2019

 

 

Depuis la fin de la semaine dernière, tous les stands et centres de négoce sont fermés dans trois camps de réfugiés burundais en Tanzanie.

 

Cette décision a d'abord été prise et annoncée au camp de Nyarugusu vendredi dernier. Et  c'est le président du camp, qui est en même temps représentant du gouvernement tanzanien qui l'a signifiée aux burundais. Plusieurs communiqués ont été affichés dans le camp.  

 

Au camp de Nduta la mesure a été publiée samedi dernier.  Dans ce camp, les principaux marchés des zones 5 et 12 ont été fermés le même jour. Dans ces marchés, on y trouvait des articles divers comme les vivres, les habits et même des boissons de rafraîchissement.

 

Les burundais de Nduta crient au scandale. "C'est en fait ajouter du drame au drame. Comme si l'insécurité que nous vivons ne suffisait pas, ils y ajoutent de la famine. Imaginez-vous les pertes que vont subir les gens qui y tenaient de petits commerces, c'est la galère", disent-ils.

 

A Mtendeli, la fermeture des marché est intervenue dimanche.

 

Beaucoup d'articles sont déjà pourris comme les fruits et les légumes. Ils disent craindre des cas de vols pour les articles conservés dans leurs  maisonnettes.

 

"Mettre des articles dans nos cabanes et maisonnettes, c'est en fait s'attirer des voleurs à mains armées. Ils vont venir nous attaquer pour piller. Nous demandons que cette décision soit revue." indiquent-ils.

 

Et dans tous les camps de réfugiés cités, même le transport rémunéré sur vélos ou motos est strictement interdit.

 

Les chefs de zones y voient une forme de pression pour rentrer.

 

 

"Ce genre de mesures sont prises quand il n'y a pas engouement de rentrer. Et c'est le cas maintenant. Très peu de gens se sont fait inscrire pour être rapatriés. Les responsables du camp coté Tanzanie ne cessent pas de nous sensibiliser mais les gens ne veulent plus apparement. Donc ces mesures sont prises pour nous contraindre à fin que les réfugiés optent pour rentrer" a-t-on appris de la part de ces administratifs. 

 

Disparitions forcées

 

Quatre Burundais réfugiés au camp de Nduta ont été enlevés il y a plus de deux semaines. Il s'agit de Ngendakumana Éric, Bihomora Édouard, Ndayisenga Moïse et Sabushimike Abraham.

 

Leurs proches affirment les avoir cherchés dans tous les cachots sans succès. Les familles des disparus pensent qu'ils ont été tués ou acheminés vers le Burundi par force.

 

Les réfugiés soupçonnent déjà la mise en application de l' accord récemment signé entre les polices tanzanienne et burundaise.  Cet accord signé au début du mois prévoit des opérations de recherche des criminels transfrontaliers jusque même dans les camps de réfugiés installés en Tanzanie.

 

Ces réfugiés burundais dénoncent ces disparitions forcées et demandent d'être protégés sur le sol d'exil. Pour rappel, environ 30 Burundais sont portés disparus à Nduta depuis le début de cette année.

 

D'autres cas de disparitions forcées sont aussi rapportés à Nyarugusu et à Mtendeli, deux autres camps de réfugiés burundais en Tanzanie. Les réfugiés demandent au HCR d'intervenir. 

 

La Tanzanie compte encore plus de 200.000 réfugiés burundais.

Tags: Politique

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