Elections de 2020 : la guerre des clans politiques fait des ravages dans le nord du Burundi

13/11/2019

Un membre du parti CNL blessé par les membres de la milice Imbonerakure pro gouvernementale 

 

Selon un analyste politique burundais, le parti au pouvoir, le CNDD-FDD peut crier aussi fort qu'il le veut en affirmant qu'il veut organiser des élections libres et équitables, mais lorsqu'un responsable local initie et encourage la violence contre un parti d'opposition et s'en sort sans punition, on peut facilement conclure que la violence est coordonnée aux plus hauts niveaux du pouvoir par le régime de Nkurunziza.

 

A l’approche des élections de 2020, la tension est vive dans le nord du Burundi où les jeunes militants du parti au pouvoir, CNDD-FDD, et ceux du CNL, un autre parti qui aspire au pouvoir, sont à couteaux tirés. Des scènes surréalistes ont été notamment observées le week-end dernier dans la commune de Nyamurenza, en province de Ngozi.

 

Une meute de jeunes Imbonerakure s’est ruée sur un groupe de jeunes se réclamant du Congrès national pour la liberté,  CNL, de l’ex-leader rebelle Agathon Rwasa, qui participaient à l'ouverture solennelle d’un bureau local (permanence) de leur parti.

La situation était d’autant plus inquiétante que l’honorable Agathon Rwasa, président du parti CNL, était venu rehausser de sa présence les cérémonies marquant l’ouverture officielle de la permanence du CNL dans cette localité.

 

Sous le regard approbatif de l’administrateur communal de Nyamurenza, un autre Imbonerakure hyper zélé, les jeunes militants du parti au pouvoir voulaient perturber cet événement organisé par un parti rival et ayant le vent en poupe dans les milieux hutus, aux quatre coins du Burundi.

 

Selon les médias locaux, pour acculer les partisans du CNL au silence et à la résignation, « les jeunes du parti au pouvoir, armés des gourdins et des bâtons et quelques-uns en tenues policières, ont érigé des barricades devant les militants du parti CNL qui étaient nombreux et qui se rendaient à l’ouverture de la permanence du parti ».

 

Refusant de se laisser faire et agacés par cette insoutenable provocation, les militants du CNL ont aussi eu recours à la violence. Ces échauffourées ont fait de nombreux blessés, des deux côtés.

 

Les deux groupes antagonistes étaient à un cheveu de l’irréparable n’eut été l’ultime intervention musclée de la police locale qui a rétabli l’ordre et calmé les ardeurs des uns et des autres.

 

Témoins de ce spectacle d’horreur, Dieudonné Niyonzima, administrateur de la commune Nyamurenza a dû évacuer in extremis ses guerriers Imbonerakure blessés.

Il a également suspendu toute activité du parti CNL, y compris l’ouverture de la permanence de cette formation politique.

 

Selon un analyste politique burundais, le parti au pouvoir, le CNDD-FDD peut crier aussi fort qu'il le veut en affirmant qu'il veut organiser des élections libres et équitables, mais lorsqu'un responsable local initie et encourage la violence contre un parti d'opposition et s'en sort sans punition, on peut facilement conclure que la violence est coordonnée aux plus hauts niveaux du pouvoir par le régime de Nkurunziza.

 

"L'ONU et les autres parties prenantes internationales, y compris la communauté est-africaine, doivent cesser d'avaler la rhétorique du régime de Nkurunziza et d'agir rapidement avant que la crise qui a éclaté en 2015 ne soit à nouveau incontrôlable, et il convient de reconnaître qu'il n'y a aucune possibilité d'élections libres et équitables dans le pays pour le moment malgré ce que dit le parti au pouvoir", affirme un politicien de l'opposition à Bujumbura. 

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