Burundi-CPI: La Coalition Burundaise pour la CPI lance une campagne de sensibilisation aux victimes des crimes contre l'humanité

14/11/2019

 

 

 

La campagne va durer trois mois. Elle a été lancée ce mardi 12 novembre 2019. Elle s'inscrit dans le contexte de deux ans après l'ouverture des enquêtes de la Cour Pénale Internationale sur le Burundi.

 

D'après maître Lambert Nigarura, président de la Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale, CB-CPI, cette campagne vise à sensibiliser les victimes des crimes contre l'humanité commis au Burundi pour qu'elles sachent les droits et devoirs avant, pendant et après les procès une fois les  procédures pénales engagées.

 

"Nous voulons que les victimes comprennent leurs droits et devoirs, leur rôle, leur place et leur contribution dans la manifestation de la vérité . Ils ont un grand rôle car ce sont elles qui ont vu, vécu et subi le calvaire, la torture et la mort" a-t-il dit.

 

Dans l'exécution de cette campagne, la CB-CPI et en partenariat avec un Réseau des Journalistes Burundais pour la Cour Pénale Internationale, RJB-CPI.

 

Ces deux coalitions de la société civile et des médias, souhaitent que durant cette campagne, les victimes soient aussi sensibilisées sur les règles de jeu de la CPI, son fonctionnement, comment porter plaintes devant cette Cour ainsi que la protection des victimes et des témoins.

 

Après cette campagne, a insisté Maitre Lambert Nigarura, ces victimes seront à mesure de se constituer en une associations qui pourra sans doute les aider à porter loin leur voix.

 

"Elles doivent aussi rester en contact avec le bureau du procureur et de la greffe, échanger des expériences avec d'autres coalitions des victimes comme celles de la Cote d'Ivoire et de la Centrafrique et par après constituer un Réseau au niveau de l'Afrique" ajoute maitre Lambert Nigarura.

 

Près de 2000 dossiers de ces victimes sont déjà sous enquêtes de la CPI. Ils sont en rapport avec les assassinats ciblés ou de masse,  les tortures, les disparitions forcées, les crimes contre l'humanité, les emprisonnements arbitraires ainsi que les viols sexuels.  

 

Le collectif des avocats qui ont aidé ces victimes à porter plaintes et apporter des communications nécessaires devant la CPI rassure que le bureau du procureur pourra lancer des mandats d'arrêts contre les présumés coupables prochainement.

 

"Nous avons déjà déposé plus de 1600 dossiers et des communications y relatives. Il y a aussi d'autres dossiers déposés par nos confrères de la CAVIB ainsi que d'autres sur lesquels nous travaillons pour les finaliser. Donc pour le moment, le bureau du procureur de la CPI est en train de collecter toutes les données et nous espérons que le cas échéant, incessamment, des mandats d'arrêts contre les suspects pourraient intervenir" a précisé un des avocats de ce collectif.

 

Les victimes, elles, veulent une justice à tout prix.  "Nous avons perdu les nôtres et pour d'autres nous avons subis des tortures. Nous osons espérer que nous allons avoir une justice que nous avons manqué au Burundi car dans ce pays, elle n'est pas indépendante. Nous sommes prêts à collaborer avec la CPI pour que nos bourreaux soient punis conformément à la loi" ont-ils souligné.

 

Les enquêtes de la Cour pénale internationale portent sur les crimes contre l'humanité commis au Burundi à partir d'avril 2015, un pays qui est sous sanctions imposées et renouvelées de l'Union européenne et des USA.

 

En avril 2016, la procureure de la CPI, Fatou Benssouda avait annoncé l'ouverture d'un examen préliminaire sur les exactions dont se faisaient écho tant de sources concordantes. C'était une première étape avant l'ouverture d'une enquête.  

 

La CPI a évoqué les meurtres d'au moins 1 200 personnes entre avril 2015 et juin 2017, mais aussi des milliers d'emprisonnements et les disparitions. 

 

En plus la CPI a affirmé avoir déjà recensé entre 595 et 651 cas de tortures et des dizaines de cas de viols, dénonçant à plusieurs reprises la responsabilité d' un appareil d'Etat soupçonné d'attaques systématiques qui auraient, en outre, forcé plus de 400 000 Burundais à fuir leur pays.

 

Six mois plus tard, le gouvernement burundais pensait avoir trouvé la parade en annonçant son retrait de la CPI. Et devenait ainsi le premier pays à quitter cette cour créée en 2002. Sauf que, selon les règles édictées par le statut de Rome, le retrait ne pouvait être effectif qu'un an plus tard : en octobre 2017.

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