De gauche à droite: Général Alain-Guillaume Bunyoni, Pierre Nkurunziza et Général Prime Niyongabo

 

Avant l'attaque du 22 Octobre (bataille de Bubanza), tous les signes d'implosion du régime existaient déjà: une économie dont la croissance avoisine zéro, conflit croissant entre les différentes factions au sein du CNDD-FDD, une politique d'espoir offerte par le CNL d'Agathon Rwasa, une guerre froide avec le Rwanda et maintenant avec la République Démocratique du Congo, des sanctions économiques écrasantes, une enquête judiciaire sur le régime par la CPI, un isolement diplomatique, une lutte de libération lancée par des burundais qui ont été forcés de fuir leur pays. 

La vision d'un Royaume mono-ethnique d'Urundi (ancien nom du Burundi) béni par Dieu et dirigé par le prêtre-roi de l'Église de Rocher, Pierre Nkurunziza et sa femme prêtresse Denise Bucumi Nkurunziza, risque de ne pas se réaliser.

 

La tristement célèbre aventure du seigneur de la guerre, lancée en 1993, semble sur le point d'aboutir à une fin tragique, laissant derrière pour héritage: pauvreté absolue, dégradation sociale, effondrement économique et une suite infinie de morts dont les premières victimes (par milliers) ont péri avant la crise politique d'avril 2015.

 

Beaucoup de personnes qui ont profité des fruits de ce régime devenu paranoïaque et insensé risquent d'être entraînées par le couple royal de droit divin de l'église du Rocher, y compris des acteurs européens bien connus vivant dans le pays qui, inexplicablement, ont adopté l'idéologie raciale et nazie à la sauce africaine.

 

Avant l'attaque du 22 Octobre (bataille de Bubanza), tous les signes d'implosion du régime existaient déjà: une économie dont la croissance avoisine zéro, conflit croissant entre les différentes factions au sein du CNDD-FDD, une politique d'espoir offerte par le CNL d'Agathon Rwasa, une guerre froide avec le Rwanda et maintenant avec la République Démocratique du Congo, des sanctions économiques écrasantes, une enquête judiciaire sur le régime par la CPI, un isolement diplomatique, une lutte de libération lancée par des burundais qui ont été forcés de fuir leur pays. 

 

Après la défaite militaire de Marura, les contradictions internes du régime font surface dans tous leurs drames. Le lieutenant-général Prime Niyongabo, chef d'état-major, et le général Alain-Guillaume Bunyoni, chef de la police nationale, sont maintenant sous les yeux du chef de guerre. Ils sont sur le point d'être révoqués.

 

Le général Niyongabo est un militaire incompétent et corrompu, auteur de la trahison de dernière minute perpétrée contre le général Godefroid Niyombare lors de la tentative de coup d'État de mai 2015. Bunyoni est un opportuniste avisé qui a tiré parti de l'assassinat politique du général Adolphe Nshimirimana en devenant le numéro deux du régime.

Les deux entretiennent et sont soutenus par les terroristes FDLR. Bunyoni en tant que partenaire, et Niyongabo en tant que simple pion facilement manipulable.


Les deux généraux sont maintenant aux prises avec Nkurunziza. Ils devaient être remplacés il y a un mois. Seule l'offensive inattendue de RED TABARA a empêché le chef de guerre de les remplacer, craignant un coup d'État au sein du CNDD-FDD. Le désaccord entre les trois camarades de la guerre de brousse concerne la succession de Nkurunziza.

 

Niyongabo et Bunyoni se sont résolument opposés à la candidature de Denise Nkurunziza à la présidence, ainsi qu'à la tentative de former un gouvernement d'union nationale avec la plate-forme politique d'opposition corrompue et opportuniste du CNARED, une option soutenu par les modérés du régime.

 

S'il n'y avait pas eu l'offensive des rebelles RED Tabara, les deux généraux sous la cible de Nkurunziza auraient certainement tenté un coup d'État. Plan actuellement difficile à mettre en œuvre car un changement violent au sein du régime n'empêcherait pas la libération du pays menée par les rebellions regroupant des burundais qui ont fui leur pays en 2015, qui selon des informations qui ne sont pas encore confirmées bénéficient d'un appui des puissances régionales et internationale.

 

Tensions internes grandissantes: les poids lourds du régime ne se font pas confiance

 

Nkurunziza, Niyongabo et Bunyoni ont abandonné leurs résidences habituelles, changeant constamment de domicile par peur des attaques et des exécutions extrajudiciaires. Ils sont constamment sur leurs gardes, conscients que le plus grand risque ne vient pas de l’extérieur mais du régime. La guerre pour la succession au pouvoir diminue considérablement la capacité de résistance militaire à l'offensive des rebellions externes.

 

Il est estimé qu'environ 80% d'officiers des forces armées burundaises n'ont aucune intention de sacrifier leur vie pour défendre le régime contre des "agresseurs" venus du Congo et du Rwanda. C'est juste une question de temps avant que cette résistance passive interne au régime ne se transforme en hostilité militaire manifeste.

Les milices Imbonerakure et les terroristes des FDLR restent à prêter main forte au régime.


La population burundaise semble avoir abandonné l'attitude psychologique motivée du déni de la réalité et de l'acceptation passive du régime, utilisée comme une forme de survie. Maintenant, ils ont deux alternatives valables: le CNL d'Agathon Rwasa et la résistance armée. Dans une tentative désespérée d'empêcher les médias indépendants de faire le point sur ce qui se passe au Burundi, le secrétaire permanent du ministère des Affaires étrangères, Isidore Ntirampeba, a publié des directives répressives à l'encontre des journalistes burundais et étrangers. "Le gouvernement burundais n'acceptera ni ne tolérera aucun média ayant l'intention d'abuser de la liberté d'expression dans le but de nuire à la sécurité publique", a déclaré Ntirampeba.

 

Les médias burundais ont été détruits en 2015. Entre 2018 et 2019, les bureaux de Bujumbura et Voix of America de la BBC ont été fermés. Cependant, ces mesures répressives ne permettent pas d'éviter des informations sur la crise burundaise aux niveaux régional et international. Il faut cependant ne pas avoir d'illusions. La fin du régime semble s'approcher lentement mais elle n'est pas imminente. Le regime detient encore de leviers et menaces graves qu'il peut déployer pour faire avorter ou freiner toute menace externe. La seule menace qui terrifie le régime est la tension interne qui oppose les poids lourds du regime. 

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