Nduta: Le régime Magufuli pèse encore lourd sur le dos des réfugiés burundais

26/11/2019

 Présidents Magufuli de la Tanzanie et Nkurunziza du Burundi

 

Le gouvernement de la République Unie de Tanzanie a récemment envoyé un émissaire au Burundi pour s'enquérir de la situation sécuritaire avant de continuer sa politique de refoulement des réfugiés burundais à rentrer chez eux. Il s'agit du commissaire chargé des questions des réfugiés au ministère de l'intérieur.

 

La semaine dernière, cet envoyé spécial du président tanzanien John Pombe Magufuri, a rendu rapport au camp de Nduta. 

 

"Je suis passé par les provinces de Cankuzo, Muyinga, Ngozi, Kayanza et Bujumbura. Donc j'ai presque sillonné tout le  Burundi. Mais je n'ai rien vu ou senti comme éléments qui font penser à un climat d'insécurité" a indiqué Mr Sudi Mwakibasi devant une assemblée des réfugiés burundais. 

 

Il a alors insisté pour que ces burundais puissent rentrer chez eux.  "Le moment est idéal pour vous de rentrer car il y a la paix. Profitez donc de cette accalmie pour regagner vos collines d'origine", a-t-il  martelé. 

 

La Tanzanie arrive à évoquer le mauvais sort qu'ont subi d'autres réfugiés burundais de 1972 et 1993 au camp de Mtabila.

 

"En 2012, d'autres burundais du camp de Mtabila ont été chassés. Certains y ont même laissé la vie et plusieurs d'entre eux n'ont rien emporté sur eux, leurs cabanes ayant été brûlées. Ne nous forcez pas à refaire ce que nous ne voulons pas"  a-t-il renchérit.

 

A l'époque, plusieurs organisations internationales comme Human Rights Watch ont dénoncé ce qu'elles ont qualifié d' « une violation flagrante des droits humains ».

 

Nduta abrite plus de 73 000 burundais. Ils ne comptent pas désarmer. Ils préfèrent "attendre dans la misère le retour au pays que de rentrer dans ce pays où l'insécurité peut surgir d'un moment à l'autre".  Ils ont peur du climat d'intolérance politique généralisé à quelques mois des élections de 2020.

 

Dans l'entretemps, des mesures draconiennes ne cessent pas d'être prises dans ces camps de réfugiés burundais en Tanzanie. Ils ne sont pas autorisés à sortir des camps et tous les marchés et stands sont fermés.

 

L'on compte aussi plus de 30 burundais déjà portés disparus depuis le début de cette année dans le seul camp de Nduta.

 

Ces burundais estiment que ce sont des stratégies pour les contraindre à rentrer car depuis la fin octobre, il se remarque moins d'argument à l'enregistrements de retours volontaires.

 

Près de 200 000 burundais sont toujours en exil en Tanzanie.

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