Des jeunes adolescents miliciens imbonerakure qui se battent aux cotes des militaires 

- Répression totale de la population avec un état d'urgence non déclaré mais effectivement appliqué dans tout le pays,

 

- Annihilation du parti CNL d'Agathon Rwasa (maintenant reconnu comme vrai challenger du CNDD-FDD)

 

- Massacres ciblés contre les membres de la minorité tutsi 

 

- Déclencher un génocide si tout échoue

 

Comme le reporte SOS Medica, les habitants de Busiga se sont réveillés hier matin avec une amère surprise. Des croix et cercueils avaient été marqués sur les portes de leurs habitations. Toutes les maisons marquées appartiennent aux opposants locaux et aux militants du CNL et UPRONA.

 

Les propriétaires de maisons marquées se disent très inquiets pour leur sécurité en raison de cet acte d'intimidation manifeste six mois avant les élections générales.

Toujours selon SOS Media, l’administration locale du CNDD-FDD a promis une enquête et une réunion urgente pour calmer la population. Les signes menaçants  ont été peints à peinture rouge dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 novembre.

 

Busiga est une petite ville près de Ngozi, la troisième plus grande ville de la forteresse HutuPower et le fief électoral historique du CNDD-FDD qui a donné naissance au dictateur Pierre Nkurunziza. Ngozi a été le théâtre d'affrontements violents perpétrés lundi 11 novembre entre des miliciens Imbonerakure et des militants de la LNC.

 

Le mercredi 20 novembre, le tribunal de grande instance de Ngozi, dans le cadre d'un procès sommaire, condamna 17 militants du CNL à 10 ans d'emprisonnement pour avoir tenté d'assassiner les mbonerakure.

 

La menace évidente de mort fait partie d'un contexte d'exécutions extrajudiciaires et de violences généralisées que le régime a déchaînées dans tout le pays contre tous les hutus soupçonnés de soutenir ou de sympathiser avec Agathon Rwasa.


Marie-Claire Niyongere (40 ans), chef de la section des femmes du CNL de la commune de Kiganda, a été assassinée de manière barbare après avoir été victime d'un viol collectif dans un buisson proche de la rivière Nyavyamo.


Plusieurs permanences du parti CNL ont été attaquées et incendiées dans la commune de Gihanga (ouest du Burundi). Les Imbonerakure, en étroite collaboration avec les unités d’intervention d’urgence de la police et les terroristes des FDLR, massacrent les opposants politiques hutus. Les premières exécutions extrajudiciaires ont été enregistrées dans les localités de Nyamurenza, Gashikanwa et dans la commune de Marangara. Maintenant, la violence se propage à travers le pays.


La vague de violence contre le deuxième parti hutu burundais d'Agathon Rwasa a été interprétée à tort par certains médias internationaux comme une violence préélectorale. Les élections présidentielles sont prévues pour mai 2020 et les élections administratives pour juin 2020. En examinant attentivement la situation intrigante au Burundi, il est clair que cette violence contre le CNL a également un autre objectif beaucoup plus urgent. Empêcher le chef de l'opposition hutu, Agathon Rwasa, de former une milice populaire de soutien de l'armée républicaine du Burundi (composée de RED Tabara et de FOREBU).

 

  

Les attaques des mouvements armées font trembler le régime qui se livre à la chasse à tout opposant 


Avec les attaquées armées de la forêt de Kibira et des provinces de Bubanza et de Kayanza par les mouvements armés, le dictateur Nkurunziza est conscient du risque de créer une cinquième colonne dans les territoires qu'il contrôlait encore et qui serait utilisée militairement pendant la guerre ou lors d'une éventuelle offensive militaire finale contre le régime.

 

Comme Nkurunziza, Agathon Rwasa était également un chef de guerre. De 1993 à 2004, il a dirigé les Forces de libération nationale - FNL une guérilla hutu comme le FDD de Nkurunziza. Les FNL étaient considérés à l'époque comme encore plus extrémistes que le CNDD-FDD. Les deux guérilleros hutu se sont affrontés militairement à plusieurs reprises pendant la guerre civile. Les FNL n'ont pas directement reconnu les accords de paix d'Arusha (Tanzanie) de 2000 et ont continué à se battre e ne signeront un accord de cesser le feux qu'en 2006. Cet accord ne sera effectif qu'en 2009, donc trois ans après l'installation à la présidence de Nkurunziza.

 

Il convient de souligner que les violences contre les CNL ont commencé en avril dernier. À l'époque, l'objectif était d'éliminer le nouveau parti hutu fondé par Rwasa, qui est rapidement devenu le premier challenger du CNDD-FDD au niveau national. Cependant, l'escalade de la violence au cours de ces deux semaines semble viser à empêcher la naissance d'une organisation de défense populaire des jeunes du parti CNL contre les violences des Imbonerakure. Cet escalade semble aussi viser cette jeunesse du parti CNL qui est vue par le régime comme susceptible de soutenir la rébellion qui se fortifie contre Nkurunziza. 

 

Cet objectif, d’une importance cruciale pour le maintien du pouvoir du régime, inclut également une vague de violence contre la minorité ethnique tutsie.


Après les ratissages déguisés en fouilles perquisition dans les quartiers de Nyakabiga à Bujumbura le 15 novembre, où 150 personnes, principalement des jeunes Tutsis ont été arrêtées,  soupçonnées de soutenir la rébellion armée. Ces ratissages ont été opérés par les Imbonerakure, soutenus par le GMIR, une unité mobile d'intervention rapide de la police.

 

Cette coalition entre police et Imbonerakure procèdent à des perquisitions (à la recherche d'armes) et ont procédé à des arrestations arbitraires également dans d'autres quartiers comme Ngagara et Musaga habités majoritairement par des Tutsis. Ces trois quartiers constituaient l'épicentre des manifestations populaires contre le troisième  mandat illégal du dictateur Nkurunziza, qui ont éclaté en avril 2015 et ont été réprimées dans le sang par la police et Imbonerakure.


Les perquisitions et les arrestations sont associées à un véritable pillage des avoirs des victimes: argent, téléphones portables, appareils ménagers, vêtements, chaussures. Ces raids représentent le butin de guerre accordé comme une incitation aux miliciens Imboberakure, conformément à la tactique du régime de Habyarimana et des fameux miliciens interahamwe du Rwanda de 1994.

 

Un butin de guerre précieux pour assurer la loyauté de ces miliciens en grade partie des charmeurs. En participant aux violences ordonnées par le régime, ils ont la possibilité de s'enrichir en volant les avoirs de leurs victimes. Selon des estimations provisoires, entre 200 et 300 jeunes Tutsis ont déjà été arrêtés à Bujumbura, tous inscrits sur une liste noire par les miliciens du CNDD-FDD.


Même les Tutsis qui habitent dans ces quartiers et qui ne figurent pas sur ces listes sinistres sont victimes des Imbonerakure et de la police. Les assaillants font croire à leurs victimes qu'ils se trouvent sur ces listes et proposent le salut en payant une "amende" variant entre 5 000 et 10 000 francs burundais (de 2,5 à 4,8 euros). Il s'agit en effet d'une extorsion pure et simple. Si la victime tutsie ne dispose pas de cette somme ou d'un téléphone portable capable de compenser le manque d'argent, elle est automatiquement mise sur liste noire et arrêtée.


Le sort réservé aux Tutsis vivant dans le fin fond du pays est différent et plus dramatique. Des nouvelles fragmentées et confuses parlent d’exécutions extrajudiciaires et de pillages dans divers villages du Burundi, loin des cameras et regards des activistes locaux des droits humains.  

 

Parmi les centaines de jeunes arrêtés à Bujumbura, peu espèrent pouvoir rentrer chez eux sains et saufs. À partir de 2015, toute personne arrêtée par les Imbonerakure ou la police avait subi souvent des actes graves de torture ou simplement assassinée.

 

 

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