Un état d'urgence pour mieux contrôler la population

 

Ces violences généralisées sont accompagnées d'un état d'urgence non déclaré mais mis en pratique sur l'ensemble du territoire national. Une mesure justifiée par la défaite militaire subie par le régime récemment à Marura. Une réunion d'urgence s'est tenue jeudi 21 novembre organisée par les ministères de l'Intérieur et de la Sécurité Publique avec les gouverneurs des provinces, les administrateurs municipaux et autres autorités administratives avec les commissaires de police, les officiers loyalistes de l'armée, les juges et les magistrats.

 

L'objectif de cette réunion était de mobiliser l'appareil administratif et judiciaire national afin d'assurer un contrôle total des territoires toujours contrôlés par le CNDD-FDD afin d'éviter les infiltrations de mouvements de rebelles.


Le maire de Bujumbura, Freddy Mbonimpa, a déclaré le couvre-feu sur la ville à compter de 21 heures. Le couvre-feu a été habilement dissimulé comme une mesure visant à réduire le fléau de l’alcoolisme en ce qui concerne les heures d’ouverture des bars, des pubs et des discothèques.

 

Désormais, tous les lieux de divertissement publics ne peuvent être ouverts que de 17h à 21h. Pendant le week-end, l'ouverture est autorisée à partir de 13h. «La mesure vise à relancer l'économie du pays. Nous voulons que les gens travaillent davantage et ne passent pas leur temps à boire dans les cabarets. La sécurité règne dans le pays mais nous devons sérieusement envisager de protéger la population ", avait déclaré le maire Mbobimpa.

 

Ce n'est pas un hasard si cette disposition concerne les cabarets, bars et autres lieux de divertissement, car ce sont les derniers et seuls lieux de rassemblement social qui restaient permis aux burundais. Après l'heure de fermeture fixée par les autorités administratives, qui osera s'aventurer dans les rues de Bujumbura au risque de rencontrer les patrouilles des Imbonerakure armés de machettes, de lances et de bâtons et gourdins? Avec la nouvelle mesure instaurant un état d'urgence de facto, la population qui vit déjà dans le peur est obligée de s'imposer elle-même le couvre-feu du soir.


Le maire a également empêché le commerce ambulant dans la ville, sous prétexte que les citoyens qui se livraient à des activités commerciales informelles ne sont pas enregistrés auprès de la Chambre de commerce et ne paient pas d'impôt. En réalité, l'interdiction du commerce itinérant vise à empêcher la présence de centaines de milliers de jeunes dans les rues de Bujumbura qui se consacrent à la vente de cartes téléphoniques, de cigarettes et d'articles bon marché fabriqués en Chine, car ils restent en dehors du contrôle du CNDD-FDD. 

 

Les mêmes dispositions ont été adoptées par les gouverneurs des autres provinces, instaurant ainsi l'état d'urgence, même s'il n'a pas été déclaré officiellement.

 

Dans le but de créer un climat anti-Tutsi au sein des populations hutu, le régime nourrit des accusations contre le Rwanda, soupçonné d'avoir envoyé des unités des forces spéciales pour soutenir les offensives des mouvements armés à Bubanza et Cibitoke.

 

N'ayant aucune preuve de la présence de l'armée rwandaise au Burundi (présence qui ne peut être exclue), le régime est incapable d'agir au niveau diplomatique international.

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