Elections de 2020 : Entre rentrer et rester à l’exil, les opposants repentis tanguent

04/12/2019

 

Rentreront, rentreront pas…..Depuis leur exil européen, Anicet Niyonkuru et autres opposants repentis du CNARED se trouvent dans un mystérieux dilemme cornélien à deux mois de la date de dépôt des candidatures pour les  prochains grands rendez-vous électoraux de 2020 au Burundi.

 

En effet, la ferme promesse de Pierre Nkurunziza à leur égard tarde à se concrétiser.

Ils l’ont récemment constaté, non sans amertume, lors d’une réunion organisée le 30 novembre à Kampala pour évaluer « les conditions de leur retour au pays en vue de participer aux élections prochaines de 2020 ».

A l’issue de cette réunion, leur constat a été plus qu’amer : Les autorités burundaises ne cessent de les narguer en refusant obstinément de répondre aux préalables convenus notamment « la libération de l’espace médiatique et politique, la réhabilitation des médias détruits, le libre exercice du métier de journaliste et l’assainissement des conditions de sécurité pouvant permettre le retour des réfugiés et le retour des politiciens en exil dans les pays étrangers».

 

Au lieu de cela, le gouvernement ne fait que verrouiller l’espace politique et faire taire les voix discordantes.

Ces opposants qui n’en étaient plus ont donc l’obligation de choisir rapidement entre deux options périlleuses, l’une comme l’autre : Montrer pattes blanches et rentrer au pays pour accompagner le CNDD-FDD aux élections truquées d’avance. Ce choix requinque le régime et fait table rase de 5 ans de lutte et de contestation du 3ème mandat et de ses ravages.

 

Dans l’hypothèse où cette perspective ne les chanterait pas, ils ont encore une autre option : rester sagement en exil sans aucune tentation ou sollicitation politique. Cela les rapprocherait du réfugié Lambda ayant pris le large pour sa propre sécurité. Ils reconnaîtraient ainsi que le Burundi est en insécurité comme ne cesse de la clamer le monde libre. Leurs liens non officiels avec le système CNDD-FDD seraient, du coup, entamés.

Leur irrésistible attrait pour le régime qu’ils prétendaient pourfendre aura, quand même, été démasqué. Ils restent donc doublement embarrassés.

 

Mais au cas où cette autre alternative ne les attirerait pas, ils pourraient avoir comme ultime point de chute le CFOR-Arusha qui refuse toujours de mettre de l’eau dans son vin et tient, mordicus, aux véritables causes de la crise burundaise de 2015.  

                                          

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