La machine à tuer était bien huilée en novembre : 31 cas d’assassinats enregistrés (ONG)

04/12/2019

Membres de la milice Imbonerakure portent des uniformes de l’armée et de la police et portent des imitations d'armes à feu 

 

Au moins 31 personnes ont été tuées en novembre 2019 au Burundi, tel est le bilan du rapport mensuel de monitoring de la Ligue des droits de l’homme ITEKA sur le spectacle d’horreur en cours dans le pays depuis près de 5 ans.

 

Assassinats, enlèvements, arrestations arbitraires et tortures…le tableau est naturellement tragique : «au moins 31 personnes ont été tuées, 6 enlevées, 3 victimes de viol, 7 torturées et 302 arrêtées arbitrairement», a déclaré Anschaire Nikoyagize, Président de la Ligue Iteka. Six cas de personnes enlevées au cours du mois de novembre 2019 ont été enregistrés dans les provinces de Bujumbura Mairie et cinq à Bubanza.

 

Sur un total de 7 cas de torture relevés au cours du mois de novembre 2019, la province de Muyinga vient en tête avec 4 cas ; elle est suivie de Karuzi avec 2 cas.

« Sur un total de 302 cas d’arrestations arbitraires relevés au cours de cette période, la Mairie de Bujumbura vient en tête avec 242 cas ; elle est suivie de Ngozi avec 31 cas, Rumonge avec 7 cas et Bujumbura rural avec 6 cas », a rapporté la Ligue Iteka.

 

Alors que novembre est le mois dédié à la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), les femmes burundaises n’ont pas été épargnées pour autant. Elles font parties des cibles car parmi les victimes enregistrées figurent 4 femmes lynchées, 3 torturées et 4 arrêtées arbitrairement.

 

Le Ligue relève, en outre, « des attaques des hommes armés non identifiés, des entraînements paramilitaires, des détentions illégales des effets militaires et d’armes à feu, des plans du parti CNDD-FDD pour traquer et éliminer des membres des partis politiques de l’opposition et des prétendus opposants ont été observés dans certaines provinces du pays ».

 

Pour juguler cette spirale de violences, la Ligue Iteka demande au gouvernement burundais de « désarmer la population en général et démanteler la milice Imbonerakure qui sème la terreur dans les collines et les communes du pays et qui s’est substituée aux forces de défense et de sécurité » et « sanctionner des policiers, des militaires, des jeunes de la milice  Imbonerakure,  des  agents du SNR et de l’administration impliqués dans les violations des droits de l’homme ».

 

Elle demande en outre à l’Union africaine de « mettre en application sa décision qui consistait à envoyer une force militaire de protection de la population burundaise en détresse » et de « s’impliquer pleinement dans la relance du dialogue inter burundais ».

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