Le Burundi classé parmi les Top10 des pays qui piétinent la liberté de la presse

Le Burundi classé parmi les Top10 des pays qui piétinent la liberté de la presse

08/01/2020

Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana et Térence Mpozenzi , journalistes du groupe IWACU arretés et emprisonnés alors qu'ils se rendaient sur terrain pour faire un reportage sur les affrontements entre l'armée et les rebelles  

 

La détention des Journalistes d'Iwacu fait du Burundi une star sur le plan de la détérioration des  libertés de la presse. La Coalition "One Free Press" vient de publier son ce une liste des dix cas les plus urgents d'injustice contre les journalistes dans le monde. C'est son 11è rapport mensuel. 

 

Le cas des journalistes burundais du groupe de presse Iwacu est rangé en 4ème position. Agnès Ndirubusa, Christine Kamikazi, Egide Harerimana et Térence Mpozenzi restent en prison. Leur chauffeur, Adolphe Masabarikiza, a été libéré, lui, en novembre dernier.

 

Le rapport de "One Free Press" rappelle le réquisitoire du ministère public contre les quatre journalistes du Journal Iwacu. 15 ans d'emprisonnement  pour s'être rendus à Bubanza à l'Ouest du Burundi en octobre 2019, pour faire un reportage lors des affrontements entre les forces de l'ordre et un groupe armé qui a fait irruption en provenance de la RDC.

 

Ils sont accusés de complicité d'atteinte à la sécurité intérieure de l'Etat, un crime dénoncé par plusieurs organisations de défense des droits humains comme étant une fabrication politique pour charger ces journalistes.

 

La coalition "One Free Press" explique que son rapport a été fait pour attirer l'attention sur les cas les plus urgents des journalistes qui sont malmenés alors qu'ils sont à la recherche de la vérité.

 

D'autres journalistes mentionnés exercent leur métier dans les pays comme l'Égypte, la Chine, la Russie, le Venezuela, l'Arabie Saoudite et l'Iran. Ces cas sont rangés dans l'ordre croissant.

 

L'organisation internationale de défense des droits humains, Human Rights Watch, estime que les pressions sur la liberté d'expression s'accentuent au Burundi à l'approche des élections. Selon HWR  les autorités du Burundi devraient libérer immédiatement et sans condition les quatre journalistes.

 

HRW trouve plutôt que  les autorités burundaises devraient inverser la tendance actuelle de répression contre la liberté de la presse et, dans un premier temps, libérer sans attendre, ces journalistes arrêtés alors qu'ils faisaient leur travail.

 

Selon HWR, il est très préoccupant de constater que le gouvernement continue sa répression des médias et empêche les journalistes de faire leur travail à l'approche des élections de 2020.  

 

S'exprimant au nom de Reporters Sans Frontière, division Afrique, Arnaud Froger responsable du bureau Afrique, dit que l'organisation de défense des droits de journalistes est déçue par la décision de la justice burundaise qui maintien en détention les journalistes d'Iwacu. 

 

"Nous sommes consternés par la persistance des autorités burundaises à assimiler ces journalistes à des complices des affrontements alors qu'ils n'étaient présents sur place que pour couvrir un événement important et d'intérêt public, c'est-à-dire de faire leur travail de journaliste. Les informations faisant état de ces affrontements circulaient depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux quand ils ont décidé de se rendre sur les lieux", a-t-il expliqué.

 

Selon M. Froger, les autorités burundaises donnent un message clair aux journalistes qui oseraient travailler sur des sujets sensibles. 

 

"Si les journalistes s'intéressent de trop à des sujets que les autorités préféreraient garder sous silence ou qui les dérangent, ils risquent la prison. Dans un pays où la presse indépendante est constamment attaquée et à quelques mois des élections, cela va contribuer à renforcer le climat de peur qui règne dans les rédactions et donc renforcer l'autocensure", craint RSF.

 

Les quatre journalistes d'Iwacu viennent de faire plus de deux mois en prison à Bubanza, à l'ouest du pays.

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